Le Venezuela fait face à l'une des pires catastrophes naturelles de son histoire récente. Les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du pays mercredi soir ont causé la mort d'au moins 164 personnes et blessé près d'un millier d'autres, selon les autorités. Ce bilan provisoire, communiqué jeudi, est quasi certainement amené à s'alourdir à mesure que les secouristes atteignent les zones les plus touchées.
Les secousses, survenues à quelques minutes d'intervalle, ont particulièrement affecté les États populeux du nord, dont la capitale Caracas et la ville portuaire de La Guaira. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des tours résidentielles effondrées dans ces deux villes, suggérant que même des constructions relativement solides ont subi des dégâts considérables. Les inquiétudes sont vives concernant les bidonvilles accrochés aux collines, où les habitations précaires ont pu être totalement détruites.
Des secours entravés par la fragilité des infrastructures
Le pays, riche en pétrole, peine encore à se remettre d'une décennie de dépression économique. Les services de secours ont été affaiblis, les infrastructures laissées à l'abandon et l'inflation a atteint des niveaux records, autant d'éléments qui compliquent la gestion de la crise. Ces séismes constituent la pire catastrophe humanitaire depuis des décennies au Venezuela.
L'Institut d'études géologiques des États-Unis a averti qu'une grande partie de la population des zones sinistrées vit dans des constructions en brique et en adobe, non renforcées et donc particulièrement vulnérables aux secousses.
Une mobilisation internationale en cours
La présidente Delcy Rodríguez, qui a pris la tête du pays après l'arrestation de Nicolás Maduro en janvier, a annoncé que des équipes de secours étrangères commenceraient à arriver dès jeudi matin. Elle a remercié les promesses d'aide internationale, notamment celles du président américain. La gestion de cette catastrophe sera observée de près par une population en quête de changement politique.
Témoignages de survivants
Dans Caracas, des habitants ont décrit des scènes de terreur et de confusion. Les bâtiments tremblaient, les vitres vibraient et de nombreuses zones ont été privées d'électricité. Les récits des rescapés, rapportés par plusieurs sources, évoquent un chaos généralisé et la peur de mourir sous les décombres.
Une région meurtrie par le passé
Le port de La Guaira porte encore les stigmates des glissements de terrain dévastateurs de 1999, qui avaient fait au moins 15 000 morts. Ce nouveau drame s'ajoute à une longue liste de catastrophes naturelles ayant frappé la région.