Nouvelles hostilités

La fragile trêve conclue en juin entre les États-Unis et l'Iran semble s'effondrer. Ces derniers jours, des attaques iraniennes contre trois navires ont été suivies d'une riposte américaine massive : pas moins de 170 cibles ont été frappées sur le territoire iranien entre mercredi et jeudi. Cet échange d'hostilités a ramené la région du détroit d'Ormuz au bord d'une nouvelle escalade, alors que les deux parties s'accusaient mutuellement de violer l'accord.

Le dilemme des armateurs

Pour les compagnies de transport maritime, la situation est devenue intenable. « Les choses empirent de minute en minute », a déclaré Harry Vafias, directeur général de l'armateur StealthGas, basé à Athènes. Son groupe, qui avait réussi à faire sortir un navire du Golfe persique en empruntant un itinéraire protégé par l'armée américaine, hésite désormais à en déplacer un second. Comme lui, de nombreux opérateurs sont confrontés à un choix cornélien : reprendre une navigation normale mais s'exposer à des dangers considérables, ou maintenir leurs bateaux à quai, au prix de pertes financières.

Un précédent fragile

Au début du conflit, près de 1 500 navires s'étaient retrouvés bloqués lorsque l'Iran avait pris de facto le contrôle du trafic dans le détroit. L'accord signé à la mi-juin entre le président Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian avait suscité un espoir de déblocage. De nombreux bâtiments avaient alors pu reprendre la mer, transportant des cargaisons cruciales pour les marchés énergétiques mondiaux. Mais dès lors, Téhéran a continué d'affirmer que ses eaux constituaient la seule voie praticable. En réponse, les navires ont accru leur utilisation d'une route longeant la côte omanaise, guidés et protégés par les forces américaines. Cette option a attisé la colère de l'Iran.

Riposte américaine et médiation qatarie

Les frappes iraniennes de cette semaine ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Les représailles américaines, d'une ampleur inédite depuis le début de la guerre, ont encore aggravé les tensions. Vendredi, des médiateurs qataris ont tenté de sauver ce qui reste du cessez-le-feu, en s'efforçant de ramener les deux camps à la table des négociations.

Menace toujours « grave »

Un organisme international d'évaluation des risques maritimes a, le même jour, réitéré son niveau d'alerte maximal en classant la menace dans le détroit d'Ormuz comme « grave ». Cette décision reflète l'incertitude qui pèse sur toute tentative de navigation dans cette zone névralgique, par où transite une part importante du pétrole mondial. Pour l'heure, armateurs et marchés attendent de savoir si le fragile équilibre peut être rétabli, ou si une nouvelle phase de confrontations s'ouvre.