Nouvelle escalade dans le golfe Persique
Alors que le fragile accord de trêve conclu à la mi-juin entre Washington et Téhéran avait permis une reprise timide du trafic, les hostilités ont de nouveau embrasé le détroit d'Ormuz cette semaine. Des frappes iraniennes contre trois navires commerciaux ont été suivies d'une réponse militaire américaine massive, portant un coup sévère à toute perspective de retour à la normale.
Les opérateurs maritimes suspendus
Les compagnies de transport maritime, qui avaient commencé à renouer avec le transit après plusieurs semaines de paralysie, se retrouvent une nouvelle fois dans l'expectative. Harry Vafias, directeur général de l'armateur grec StealthGas, a expliqué avoir renoncé à faire passer un second de ses navires par cette voie stratégique. « Les choses empirent de minute en minute », a-t-il déclaré, alors que son premier bâtiment avait pu traverser sous protection américaine.
Cette prudence se généralise. Un organisme international d'évaluation des risques maritimes a réitéré, vendredi, le niveau de menace le plus élevé dans la zone, qualifiant la situation de « grave ». Au début du conflit, jusqu'à 1 500 navires étaient bloqués, l'Iran ayant pris le contrôle effectif du trafic.
Le fragile compromis de juin volé en éclats
La trêve du 15 juin – négociée entre le président américain et le président iranien Massoud Pezeshkian – avait offert une fenêtre d'espoir. De nombreux navires avaient pu emprunter des itinéraires proches des côtes omanaises, guidés et protégés par la marine des États-Unis. Mais Téhéran n'a jamais reconnu ces routes alternatives, continuant à revendiquer l'exclusivité de ses propres eaux comme seul passage autorisé.
Cette semaine, les tensions ont dégénéré. Après des attaques iraniennes contre des bâtiments marchands, les États-Unis ont riposté en frappant 170 cibles sur le territoire iranien, mercredi et jeudi. L'offensive a balayé les derniers espoirs de maintien de la trêve.
La médiation qatarie en urgence
Face à cette escalade, des médiateurs qataris se sont activés vendredi pour tenter de sauver ce qui reste de l'accord. Leurs efforts se concentrent sur la désescalade militaire et la réouverture de canaux diplomatiques. Aucune annonce concrète n'a encore filtré, mais les discussions se poursuivent.
Un dilemme insoluble pour les chargeurs
Les compagnies maritimes, qui approvisionnent les marchés énergétiques mondiaux, sont prises en tenaille. Le besoin de reprendre le transit est vital, mais le danger est immédiat. Les routes protégées par les États-Unis existent, mais elles suscitent la colère de Téhéran, qui les considère comme une provocation. Les assurances refusent désormais de couvrir les risques dans la zone, et les équipages hésitent à s'engager.
Alors que les médiations se poursuivent au Qatar, la navigation dans le détroit d'Ormuz reste suspendue à une hypothétique nouvelle trêve. Les perspectives économiques pour les pays riverains et pour le marché pétrolier international s'assombrissent à mesure que le conflit s'enlise.