Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a récemment détaillé les conditions qui devraient être remplies pour que le Hezbollah accepte de se retirer du sud du Liban. Cette précision intervient dans un contexte de trêve encore instable entre Israël et le mouvement chiite, après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu au début du mois de juin.

Selon Berry, le retrait des forces du Hezbollah est subordonné à l’arrêt total des opérations militaires israéliennes sur le territoire libanais, ainsi qu’au départ de l’armée israélienne de toutes les positions qu’elle occupe actuellement dans le sud du pays. Le responsable a insisté sur le fait que toute solution durable devait reposer sur une application stricte de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prévoit notamment le déploiement de l’armée libanaise et des forces de l’ONU dans la zone frontalière.

Des conditions liées à la sécurité nationale

Nabih Berry a également souligné que le Hezbollah ne quittera le sud du Liban que si l’État libanais est en mesure d’y assurer la sécurité et la souveraineté. Il a ainsi appelé à un renforcement des capacités de l’armée libanaise, qui devrait être la seule force armée autorisée à opérer dans cette région. Le président du Parlement a estimé que le désarmement du Hezbollah ne peut être envisagé que dans le cadre d’un dialogue national global, et non sous la pression de menaces extérieures.

Ces déclarations font écho aux conditions déjà énoncées par le Hezbollah ces derniers jours, alors que des sources proches du mouvement avaient indiqué que ses combattants étaient prêts à quitter la zone frontalière si un cessez-le-feu durable était garanti et si les troupes israéliennes se retiraient simultanément. Toutefois, le ministre israélien de la Défense a annoncé qu’Israël ne se retirerait pas des zones de sécurité qu’il contrôle actuellement au Liban, ce qui complique les négociations.

Un contexte diplomatique en évolution

Parallèlement, un accord de trêve plus large, impliquant l’Iran et annoncé par le président américain Donald Trump, prévoit une cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. Cet accord, dont la signature est prévue à Genève le 19 juin, doit être suivi de négociations sur un accord définitif dans un délai de soixante jours. Téhéran a confirmé cette annonce et précisé que les discussions concerneraient également la situation au Liban.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part jugé indispensable un cessez-le-feu robuste et durable au Liban, alors que l’armée israélienne a poursuivi des bombardements sur la banlieue sud de Beyrouth, causant plusieurs victimes. La communauté internationale observe avec attention l’évolution des positions libanaises et israéliennes, tandis que les populations civiles continuent de subir les conséquences du conflit.

Vers une stabilisation incertaine

Les conditions posées par Nabih Berry reflètent la complexité des enjeux sécuritaires et politiques au Liban. Le retrait du Hezbollah du sud du pays est une demande récurrente d’Israël et de plusieurs acteurs internationaux, mais elle se heurte à la méfiance des autorités libanaises quant aux intentions israéliennes. Le président du Parlement a réaffirmé que toute solution devait respecter la souveraineté libanaise et garantir l’intégrité territoriale du pays.

Alors que les pourparlers se poursuivent, l’issue de ces discussions reste incertaine. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si les conditions énoncées par les différentes parties pourront aboutir à une stabilisation durable de la frontière israélo-libanaise.