Nouvelle vague d'évacuations et de frappes israéliennes
L'armée israélienne a ordonné l'évacuation de sept localités du sud du Liban et de plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon des ordres diffusés ces dernières heures. Tsahal a également mené des frappes aériennes d'une intensité inédite sur la capitale libanaise, provoquant des panaches de fumée noire visibles à des kilomètres et un sentiment d'impuissance parmi les civils. Des milliers de familles ont repris la route vers le nord, aggravant une crise humanitaire déjà critique.
Plus d'un million de déplacés, Beyrouth saisit l'ONU
Face à l'ampleur de l'exode, qui dépasse désormais le million de personnes, le gouvernement libanais a officiellement saisi les Nations unies. Beyrouth qualifie ces opérations de « punition collective » contre la population civile et exige une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Le chef de la diplomatie libanaise a estimé que ces actions constituent une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui avait mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.
Menace israélienne et négociations sous pression à Washington
Parallèlement, les autorités israéliennes ont menacé de viser directement l'aéroport international de Beyrouth si des livraisons d'armes en provenance d'Iran étaient acheminées via cette plateforme. Cette menace intervient alors que des pourparlers sous médiation américaine se tiennent à Washington, les États-Unis cherchant à obtenir un retrait israélien du sud du Liban et un désarmement des zones situées au sud du fleuve Litani. Les négociations sont soumises à une forte pression, chaque camp campant sur ses positions.
Bilan humain et crise humanitaire
Le bilan humain continue de s'alourdir : selon le ministère libanais de la Santé, au moins 2 000 personnes ont été tuées et près de 10 000 blessées depuis l'intensification des hostilités, déclenchée le 23 septembre. Les frappes ont notamment visé des immeubles résidentiels dans le quartier de Haret Hreik, fief du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth. Les hôpitaux de la région, déjà saturés, peinent à faire face à l'afflux de blessés, tandis que les infrastructures civiles (eau, électricité, routes) sont gravement touchées.
Position du Hezbollah et tirs de roquettes
En réaction, le Hezbollah a intensifié ses tirs de roquettes vers le nord d'Israël, visant notamment la région de Haïfa et la Galilée. Des sirènes d'alerte ont retenti dans plusieurs localités israéliennes. La branche armée du mouvement chiite revendique la responsabilité de ces tirs et affirme continuer ses opérations « en soutien au peuple palestinien » et en riposte aux frappes sur le Liban.
Impasses diplomatiques et perspectives
Les efforts de médiation menés par les États-Unis et la France n'ont pour l'instant abouti à aucune trêve. Les propositions américaines prévoient un retrait israélien du sud du Liban et un déploiement renforcé de l'armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), mais les divergences persistent sur le calendrier et les conditions de désarmement. Le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa « profonde inquiétude » et appelé à une désescalade immédiate, sans succès à ce stade.