Le Hezbollah a revendiqué une attaque contre les forces de l'armée israélienne, quelques heures seulement après l'annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Selon un communiqué de la milice libanaise, ses combattants ont pris pour cible des positions militaires israéliennes situées dans la zone contestée des fermes de Chebaa.
Cet acte intervient alors que l'accord de cessez-le-feu, conclu sous l'égide de médiateurs internationaux, prévoyait une cessation immédiate des hostilités. Les termes de l'accord, rendus publics la veille, conditionnaient la trêve à un arrêt total des tirs du Hezbollah en direction d'Israël. La revendication de l'attaque par la formation armée semble donc directement contredire l'esprit et la lettre de l'engagement pris.
Des frappes israéliennes se poursuivent
Parallèlement, des témoignages et des informations en provenance du Liban font état de la poursuite des frappes aériennes israéliennes sur le territoire libanais, et ce en dépit de l'annonce du cessez-le-feu. L'armée israélienne n'a pas officiellement commenté ces opérations, mais des sources locales rapportent des bombardements dans le sud du pays ainsi que dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion traditionnel du Hezbollah.
Cette situation crée une confusion majeure sur le terrain. Alors que les autorités libanaises et israéliennes avaient officiellement approuvé les modalités de la trêve, les actes de guerre semblent se poursuivre de part et d'autre.
Contexte d'une escalade régionale
L'annonce du cessez-le-feu était intervenue après des semaines d'une escalade militaire sans précédent depuis 2006. Israël avait considérablement intensifié ses bombardements sur le Liban, ordonnant l'évacuation de plusieurs localités du sud du pays et menaçant de frapper Beyrouth. Le conflit avait provoqué le déplacement de plus d'un million de personnes au Liban, une situation qualifiée de « punition collective » par les autorités de Beyrouth.
Le Hezbollah, de son côté, avait multiplié les tirs de roquettes et de drones vers le nord d'Israël, revendiquant des attaques contre des bases militaires et des positions de l'armée israélienne. La revendication de l'attaque sur les fermes de Chebaa, une zone de 22 km² revendiquée par le Liban et occupée par Israël, s'inscrit dans cette continuité.
Incertitude sur la viabilité de la trêve
La revendication du Hezbollah jette une ombre supplémentaire sur la viabilité du cessez-le-feu annoncé. Les termes de l'accord prévoyaient une période de calme permettant le déploiement de l'armée libanaise dans le sud du pays, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette résolution, qui avait déjà mis fin à la guerre de 2006, stipule que seule l'armée libanaise et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) doivent être déployées dans cette zone.
L'action du Hezbollah, qui n'a pas reconnu l'autorité de l'État libanais sur ses décisions militaires, pourrait compromettre ce plan. Les médiateurs internationaux, qui avaient salué l'accord, se trouvent désormais face à un défi de taille : faire respecter une trêve que l'un des principaux belligérants semble déterminé à rompre.
Ni le gouvernement israélien ni les autorités libanaises n'ont pour l'instant réagi officiellement à la revendication du Hezbollah.