Beyrouth – Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a détaillé les préalables posés par le Hezbollah à un éventuel retrait de ses forces du sud du Liban, une zone où les affrontements avec l’armée israélienne se sont intensifiés ces dernières semaines.
S’exprimant au terme de consultations avec les principaux responsables politiques et militaires, Berri a indiqué que toute évacuation des combattants du Hezbollah des régions situées au sud du fleuve Litani serait subordonnée à un cessez-le-feu global et à l’arrêt des opérations israéliennes sur le territoire libanais. Il a précisé que le mouvement chiite exigeait en outre la levée totale du blocus aérien et maritime imposé par Israël, ainsi que le retrait des troupes israéliennes des positions qu’elles occupent encore au-delà de la frontière reconnue par l’ONU.
Ces conditions ont été formulées alors que les violences ont fait plusieurs morts ces derniers jours dans le sud du Liban, où des bombardements israéliens ont visé des localités tenues par le Hezbollah.** Selon des sources officielles libanaises, quatre personnes ont péri dans ces frappes, tandis que le mouvement chiite a revendiqué des tirs de roquettes contre des positions israéliennes en représailles. Ces échanges de tirs ont compromis les efforts de médiation menés par les États-Unis et la France en vue d’un cessez-le-feu durable.
Nabih Berri a insisté sur le rôle central de l’armée libanaise dans toute solution de sortie de crise. Il a affirmé qu’un déploiement renforcé des troupes gouvernementales le long de la frontière sud constituait un prérequis indispensable au retrait du Hezbollah, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui interdit toute présence armée non étatique au sud du Litani. « L’État doit reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire, et cela passera par le renforcement des capacités de l’armée nationale », a-t-il déclaré.
Le président du Parlement a toutefois prévenu que ce processus serait conditionné à des garanties internationales empêchant toute nouvelle incursion israélienne. Il a notamment évoqué la nécessité de créer une zone tampon supervisée par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont le mandat serait élargi pour lui permettre de surveiller plus efficacement la démarcation.
Les déclarations de Nabih Berri interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques accrues. Le Premier ministre israélien a menacé à plusieurs reprises d’étendre les frappes jusqu’à Beyrouth si le Hezbollah ne cessait pas ses tirs. De son côté, le gouvernement libanais a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer ce qu’il qualifie de « punition collective » infligée à la population civile, alors que le nombre de déplacés a dépassé le million de personnes.
Les experts estiment que les conditions posées par le Hezbollah pourraient compliquer les négociations, dans la mesure où elles lient son retrait à des concessions israéliennes majeures que Jérusalem semble peu encline à accorder. Toutefois, la médiation américano-française, qui a déjà permis de conclure un cessez-le-feu conditionnel en juin, continue d’explorer les pistes d’un accord plus large incluant la question de la présence militaire israélienne et le sort des zones contestées.
En attendant, la situation sécuritaire reste explosive. Les accrochages se poursuivent quotidiennement près de la frontière, et des tirs de roquettes ont été signalés depuis le sud du Liban. L’armée israélienne a ordonné l’évacuation de plusieurs localités libanaises et a renforcé sa présence militaire dans le secteur, tandis que le Hezbollah jure de continuer ses attaques tant que les forces israéliennes n’auront pas quitté les positions qu’elles occupent sur le sol libanais.
Les regards sont désormais tournés vers la communauté internationale, alors que Nabih Berri a appelé à une « médiation digne de ce nom » pour éviter une escalade régionale. Le spectre d’une guerre généralisée, impliquant potentiellement l’Iran, allié du Hezbollah, et Israël, soutenu par les États-Unis, pèse sur les discussions.