Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a précisé les conditions d’un retrait du Hezbollah du sud du Liban, une demande centrale d’Israël et des médiateurs internationaux. Ses déclarations interviennent alors que le pays tente de consolider un cessez-le-feu précaire après des semaines de conflit.

Les conditions posées par Beyrouth

Selon M. Berri, le retrait des combattants du Hezbollah des zones frontalières est subordonné à un arrêt complet des violations israéliennes de l’espace aérien et terrestre libanais. Il a souligné que tout mouvement unilatéral de la part de son mouvement serait conditionné à des garanties claires de la part de l’État hébreu, notamment la fin des survols de drones et des incursions terrestres.

Le chef du Parlement a également insisté sur le rôle de l’armée libanaise comme seule force légitime à déployer dans le sud du pays, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a réitéré que le Hezbollah est prêt à se retirer si l’État libanais est en mesure de garantir la sécurité des habitants et de prévenir toute nouvelle agression israélienne.

Un cessez-le-feu sous tension

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tension persistante. Le 4 juin, un cessez-le-feu conditionnel a été annoncé, prévoyant l’arrêt des tirs du Hezbollah en échange d’un arrêt des opérations israéliennes. Toutefois, des frappes israéliennes ont été signalées dès le lendemain, faisant au moins huit morts, et le Hezbollah a revendiqué des tirs de riposte contre des positions israéliennes.

Le gouvernement libanais a dénoncé des violations du cessez-le-feu par Israël, tandis que l’armée israélienne a affirmé agir en réponse à des attaques du Hezbollah. Ce cycle d’accusations mutuelles complique la mise en œuvre d’une trêve durable.

Le contexte régional

Le retrait du Hezbollah est une condition clé d’Israël pour un cessez-le-feu permanent. L’organisation chiite, soutenue par l’Iran, dispose d’une influence militaire et politique majeure au Liban, mais son implantation dans le sud est source de tensions récurrentes. Le président libanais, Joseph Aoun, a adopté une ligne ferme vis-à-vis du Hezbollah depuis sa nomination en janvier 2025, parvenant à faire adopter un plan de désarmement et à interdire ses activités militaires le 2 mars 2026.

Cependant, plus de 100 jours d’affrontements ont fait plus de 3 700 morts au Liban, et l’autorité de l’État reste limitée sur le terrain. L’accord récent entre les États-Unis et l’Iran, annoncé le 15 juin, pourrait influencer la situation, Téhéran affirmant qu’il inclut le Liban, mais la stratégie iranienne continue de soutenir activement le Hezbollah.

Les défis de la mise en œuvre

Le plan de retrait détaillé par Nabih Berri nécessite une coordination étroite avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et l’armée libanaise. Cependant, des divergences persistent entre Beyrouth et Tel-Aviv sur la définition des « violations » et la chronologie du retrait. Le Hezbollah, bien qu’affaibli par les pertes subies, conserve un arsenal important et une capacité de nuisance.

La communauté internationale suit de près ces développements, alors que le Liban reste enfermé dans une équation géopolitique complexe, prise entre les intérêts israéliens, iraniens et les pressions internes.