Les États-Unis et l'Iran ont considérablement aggravé leurs affrontements au cours des derniers jours, échangeant des tirs de missiles et de drones qui touchent désormais des infrastructures civiles et des cibles stratégiques, ravivant les craintes d'une guerre ouverte et généralisée au Moyen-Orient.
Menace d'une escalade sans précédent
Un haut gradé iranien, le général de division Mohsen Rezaei, conseiller militaire auprès de l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a averti que son pays passerait à des « opérations offensives à grande échelle » si les frappes américaines ne cessaient pas dans les prochains jours. « L'Iran ne se limitera plus à des ripostes proportionnées... aucune frontière politique ne sera sûre », a-t-il déclaré aux médias iraniens, selon des propos rapportés samedi. M. Rezaei a jadis dirigé les Gardiens de la révolution.
Parallèlement, le commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, le général de brigade Majid Mousavi, a affirmé que des « frappes efficaces et ciblées depuis l'ensemble de l'Iran contre l'ennemi se poursuivront » tant que Washington n'aura pas mis fin à ses opérations contre les installations côtières iraniennes dans le sud et autour du détroit d'Ormuz.
Un champ de bataille élargi
Les forces américaines ont lancé une septième nuit consécutive de bombardements sur le territoire iranien, élargissant leur champ d'action. D'après le Pentagone, les cibles incluent des « sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des stockages d'armes souterrains et des capacités maritimes ». Selon des informations locales, au moins huit personnes ont été tuées et une vingtaine blessées dans les frappes américaines des dernières vingt-quatre heures, tandis que des infrastructures civiles ont été touchées, dont un aéroport, une gare ferroviaire et deux ponts.
L'Iran a riposté en visant des intérêts américains et ceux de nations alliées aux États-Unis. Des projectiles ont atteint des bases au Qatar, au Koweït et à Bahreïn. Au Koweït, une usine de dessalement d'eau a été endommagée, aggravant les tensions régionales. La guerre, qui a débuté fin février par des frappes américano-israéliennes meurtrières, avait connu une accalmie temporaire après la signature d'un protocole d'accord en juin. Cet accord visait à lever le blocus naval américain sur les ports iraniens, mais il a volé en éclats lorsque Donald Trump a déclaré la trêve « terminée ».
Nouveau blocus et trafic maritime perturbé
Le président Trump a ordonné le rétablissement du blocus des ports iraniens, une mesure qui avait été suspendue pendant la trêve. Les navires de guerre américains ont déjà « redirigé » deux bâtiments qui tentaient de franchir la zone interdite, selon le Commandement central des États-Unis (Centcom). Ce blocus, qui s'étend de Ras al-Hadd (extrémité orientale d'Oman) jusqu'à la frontière irano-pakistanaise, a été réimposé après l'échec des négociations.
La reprise des hostilités a des conséquences directes sur le commerce mondial : le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part considérable des exportations de pétrole brut, s'est considérablement réduit. Les prix de l'or noir, qui avaient commencé à baisser après l'accord de juin, repartent à la hausse. Des experts estiment que les frappes sur les infrastructures énergétiques pourraient avoir des répercussions économiques durables.
Désaccords sur les frappes de pétroliers
Le Pentagone a démenti les allégations iraniennes selon lesquelles deux pétroliers auraient explosé près du détroit d'Ormuz. Aucune confirmation indépendante n'a été apportée à ce sujet. Les autorités américaines maintiennent que leurs frappes sont ciblées et militaires, tandis que Téhéran accuse Washington de frapper délibérément des installations civiles.
Une escalade aux conséquences incertaines
Alors que les deux camps durcissent leur rhétorique, des analystes soulignent le paradoxe d'une escalade que ni Washington ni Téhéran ne semblent souhaiter pleinement, mais dont aucun ne veut sortir sous peine de paraître céder. « La guerre s'étend désormais à des infrastructures stratégiques, mais chaque camp considère tout compromis comme une capitulation », observe David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès.
Les combats, qui avaient été suspendus pendant un mois, menacent de plonger la région dans un conflit prolongé, avec des risques d'embrasement pour les pays voisins et des conséquences humanitaires et économiques qui pourraient être graves.