Nouvelle escalade dans le Golfe. Bahreïn a affirmé avoir été la cible de drones iraniens dans la nuit de vendredi à samedi, en représailles apparentes aux frappes américaines menées quelques heures plus tôt contre des installations militaires en Iran. L'attaque n'a pas fait de dégâts immédiats, mais le royaume a accusé Téhéran de « déstabiliser la sécurité, d'exporter le chaos et de nuire à la stabilité régionale ». Le gouvernement iranien n'a pas commenté dans l'immédiat.

Ces frappes de drones surviennent alors que l'armée américaine avait annoncé avoir détruit des drones et des sites radar côtiers iraniens, présentant cette action comme une réponse directe au tir de drones kamikazes, la veille, contre un porte-conteneurs naviguant du côté omanais du détroit d'Ormuz. Le président américain, Donald Trump, a estimé que l'Iran avait « stupidement » violé la trêve en attaquant dans le détroit.

Menaces verbales et nouvelles attaques en mer. La diplomatie iranienne a rétorqué samedi que les États-Unis violaient eux-mêmes l'accord de cessez-le-feu. Téhéran a promis que son armée « défendrait la souveraineté, la sécurité et les intérêts nationaux du pays avec toute sa force ». Parallèlement, un second navire marchand a été touché samedi dans le détroit d'Ormuz par un « projectile non identifié », selon le Centre britannique des opérations de commerce maritime (UKMTO). L'impact a endommagé la passerelle, sans faire de blessés. L'organisation n'a pas attribué la responsabilité de cette attaque, qui constitue le deuxième incident en deux jours.

Contexte fragile. La trêve signée au début du mois entre Washington et Téhéran avait apporté un apaisement relatif, permettant une reprise partielle du trafic dans le détroit d'Ormuz. L'accord prévoyait notamment une levée du blocus iranien pendant au moins soixante jours, tout en renvoyant les questions épineuses (notamment le nucléaire) à une période de négociation de soixante jours, qui a débuté en Suisse. Mais les deux camps continuent de tester les limites de l'autre, cherchant chacun à démontrer qu'il sort vainqueur du conflit. Les analystes estiment que ni les États-Unis ni l'Iran ne souhaitent un retour à une guerre ouverte, mais que ces frappes limitées risquent de faire dérailler le processus diplomatique.

Le conflit avait éclaté fin février avec une vaste campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran, entraînant une flambée des prix de l'énergie et ouvrant un front au Liban, où Israël combat le Hezbollah. Vendredi, l'administration Trump a annoncé avoir négocié un accord rare entre Israël et le Liban, prévoyant un retrait israélien de deux zones occupées du sud du Liban pour permettre à l'armée libanaise d'en prendre le contrôle. Le Hezbollah a rejeté cet accord, et des manifestations ont eu lieu à Beyrouth.