Le régulateur de la concurrence britannique ayant déjà ouvert une enquête sur le dossier, c'est désormais au tour de la Commission européenne de se pencher sur le rapprochement géant entre Warner Bros Discovery et Paramount Skydance. L'opération, valorisée à environ 110 milliards de dollars, est soumise au nouveau régime européen de contrôle des subventions étrangères.
Bruxelles entend examiner en détail la provenance et les conditions des quelque 24 milliards de dollars de financements en provenance du Moyen-Orient qui contribuent au financement de l'acquisition. Ce mécanisme, entré en vigueur récemment, permet à l'Union européenne d'analyser les soutiens financiers accordés par des pays tiers à des entreprises souhaitant réaliser des opérations de croissance externe sur le sol européen, afin de vérifier qu'ils ne faussent pas la concurrence.
Des financements sous surveillance
Si la transaction venait à être autorisée, elle créerait un nouveau géant des médias et du divertissement, capable de rivaliser avec les leaders du secteur comme Netflix ou Disney. La somme de 24 milliards de dollars en provenance du Moyen-Orient représente une part significative du montage financier global, ce qui justifie l'attention particulière des autorités européennes. La Commission dispose de pouvoirs étendus pour exiger des informations complémentaires, voire pour conditionner son approbation à des engagements de la part des parties prenantes.
Un contexte de consolidation accélérée
Cette opération s'inscrit dans un mouvement plus large de concentration dans l'industrie des médias, où les acteurs cherchent à atteindre une masse critique pour faire face à la concurrence des plateformes de streaming et à la baisse des revenus publicitaires traditionnels. Warner Bros Discovery, né de la fusion de WarnerMedia et Discovery, et Paramount Skydance, issue du rapprochement entre Paramount Global et Skydance Media, espèrent mutualiser leurs contenus et leurs infrastructures.
Les autorités britanniques déjà mobilisées
De l'autre côté de la Manche, la Competition and Markets Authority (CMA) britannique a déjà annoncé l'ouverture d'une phase d'examen du projet de fusion. Les régulateurs des deux côtés de l'Atlantique s'intéressent aux conséquences potentielles sur les prix pour les consommateurs, la diversité des contenus et l'accès aux marchés publicitaires. Les entreprises concernées devront fournir des garanties pour éviter que la concentration n'entrave la concurrence.
Calendrier et issues possibles
Le processus d'examen par l'Union européenne pourrait s'étendre sur plusieurs mois. À l'issue de l'enquête approfondie, Bruxelles peut autoriser la fusion sans conditions, l'autoriser sous réserve d'engagements (cession de certaines activités, accès à des contenus pour des concurrents, etc.) ou, plus rarement, l'interdire purement et simplement. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si le rapprochement pourra aboutir dans les délais espérés par les directions des deux groupes.