Le négociateur en chef de l'Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré lundi 23 juin que le détroit d'Ormuz ne retrouverait pas son mode de fonctionnement antérieur au conflit régional. Selon lui, cette voie maritime stratégique sera désormais sous l'administration iranienne, une annonce faite alors que les discussions avec les États-Unis se poursuivent en Suisse.

« Tout le monde doit savoir que l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre », a-t-il indiqué, cité par l'agence de presse officielle Irna. Il a toutefois précisé que Téhéran se conformerait aux normes internationales : « Bien sûr, les règles internationales seront respectées, mais l'Iran administrera le détroit d'Ormuz. »

Des pourparlers jugés prometteurs

Mohammad Bagher Ghalibaf a participé le même jour à une première séance de négociations avec des représentants américains en Suisse. Il a qualifié ce déplacement de source de « belles réussites », évoquant notamment les discussions sur le détroit, la situation au Liban, les dérogations pétrolières et le déblocage des avoirs iraniens gelés. « Nous pensons que nous ne sommes qu'au début de ce travail et devons continuer nos efforts », a-t-il ajouté dans une vidéo publiée sur sa chaîne Telegram.

Le négociateur iranien a par ailleurs estimé qu'Israël se montrait « farouchement opposé à ce processus de négociation, qu'il voit comme une menace à sa propre existence et cherche à le saboter ». Ces déclarations interviennent dans un contexte où les États-Unis ont suspendu certaines sanctions sur le pétrole iranien, comme l'avait annoncé le vice-président américain J.D. Vance le 22 juin, saluant des progrès dans les pourparlers.

Un trafic maritime encore perturbé

Depuis l'accord annoncé entre Washington et Téhéran à la mi-juin, la navigation dans le détroit d'Ormuz a repris de manière limitée. Un navire gazier français a été le premier à franchir le passage après la signature du protocole, le 18 juin. Toutefois, le trafic résiduel demeure bien en deçà des niveaux antérieurs au conflit. Le président américain Donald Trump avait promis une réouverture « complète » pour le vendredi suivant l'accord, mais cette échéance n'a pas été tenue, la France et l'Iran ayant fait preuve de prudence.

La déclaration de Mohammad Bagher Ghalibaf semble indiquer que la reprise totale du transit dépendra des modalités de gestion du détroit, un point de friction entre les parties. Alors que Donald Trump avait proposé l'instauration d'un « péage » américain, le président français Emmanuel Macron avait écarté cette idée, promettant une reprise rapide du trafic sous supervision internationale.

Des enjeux stratégiques et économiques

Le détroit d'Ormuz est un point de passage crucial pour le transport maritime du pétrole, notamment en provenance des pays du Golfe. Sa fermeture partielle ou totale a des répercussions directes sur les prix mondiaux des hydrocarbures et sur les économies des États dépendants de ces approvisionnements. Les négociations en cours visent à trouver un équilibre entre les revendications de souveraineté iranienne et les intérêts des puissances maritimes.

Les prochaines sessions de pourparlers pourraient permettre de préciser les contours de la future administration du détroit, alors que les positions respectives restent marquées par des divergences de fond.