Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé que les populations libanaises déplacées des territoires occupés par l’armée israélienne dans le sud du Liban ne seront pas autorisées à regagner leurs foyers. Cette déclaration intervient alors qu’Israël, le Liban et les États-Unis viennent de conclure un accord-cadre prévoyant un retrait progressif des forces israéliennes de cette région. Netanyahou n’a pas précisé de durée pour le maintien du blocus sur les localités occupées, mais a affirmé que toute tentative de retour serait contrée par l’armée.
L’accord-cadre, officialisé ces derniers jours par les trois parties, prévoit le transfert des zones du Sud-Liban à l’armée libanaise sous supervision américaine. Il conditionne le départ des troupes israéliennes à des garanties de sécurité, notamment le désarmement des milices présentes dans la région. Le Hezbollah, qui contrôle de facto une partie du territoire, avait jusqu’ici refusé tout désarmement unilatéral. La déclaration de Netanyahou semble ajouter une condition implicite : l’évacuation totale des civils libanais des zones qu’il occupe, même après son retrait.
Plus d’un million de Libanais ont fui les combats et les incursions israéliennes depuis le début de l’escalade militaire, selon les autorités libanaises. Nombre d’entre eux espéraient un retour rapide chez eux après la signature de l’accord. L’annonce du Premier ministre israélien réduit ces espoirs à néant. « Les habitants déplacés de la zone occupée ne pourront pas revenir chez eux », a-t-il prévenu, sans donner de motifs détaillés. Aucune mesure d’accompagnement humanitaire n’a été évoquée pour les familles concernées.
L’accord-cadre prévoyait jusqu’ici un calendrier de retrait, mais sans clause explicite sur le sort des civils déplacés. La position de Netanyahou risque de compliquer la mise en œuvre diplomatique déjà fragile. Le gouvernement libanais n’a pas encore réagi officiellement à cette déclaration. Les États-Unis, médiateurs de l’accord, n’ont pas commenté cette annonce pour l’instant. Plusieurs experts estiment que cette condition supplémentaire pourrait bloquer les négociations et prolonger le conflit.