Moins de quatre mois après le conflit américano-iranien, un projet de rémunération du transit dans le détroit d'Ormuz prend forme. Selon des responsables et diplomates informés du dossier, Oman a transmis une proposition formelle aux États-Unis ainsi qu'à d'autres alliés occidentaux. Le plan prévoit que les compagnies maritimes acquittent des frais de service pour utiliser cette voie stratégique, et que les sommes soient collectées conjointement par Téhéran et Mascate.

Bien que les contours précis du mécanisme n'aient pas été divulgués, l'initiative marque une rupture nette avec le régime antérieur, où le détroit était emprunté librement par la navigation internationale. L'attaque américano-israélienne du 28 février contre l'Iran a provoqué un blocus iranien de fait du passage, faisant flamber les prix de l'énergie. Depuis, les autorités iraniennes répètent leur volonté de monétiser ce point de passagesensible.

Un responsable iranien et quatre diplomates régionaux ont confirmé que la proposition omanaise circulait dans les capitales concernées. Une source proche de la position américaine a indiqué que les négociateurs avaient bien reçu le document et qu'ils nourrissaient des inquiétudes, mais comptaient les aborder directement avec leurs homologues omanais. Les entretiens ont eu lieu sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité des discussions diplomatiques.

Un enjeu central dans les pourparlers de paix

Le sort du détroit d'Ormuz est devenu l'une des pierres d'achoppement des négociations entre Washington et Téhéran pour parvenir à un accord de paix durable. Avant le conflit, le passage était libre, sans redevance. L'éventuelle instauration d'un droit de transit représenterait un changement géopolitique majeur pour le commerce mondial, puisque près d'un tiers du pétrole et du gaz transporté par voie maritime transite par cette artère.

Le projet omanais intervient alors que plusieurs articles ont fait état ces derniers jours de l'opposition de Téhéran à un accord maritime de 1968 et à un projet de voie alternative porté par Oman. En parallèle, les Gardiens de la révolution ont multiplié les avertissements contre tout franchissement non autorisé. Le président américain Donald Trump a qualifié d'« inacceptables » les velléités iraniennes d'instaurer un péage et adressé un avertissement à Téhéran.

Les discussions autour de cette proposition démontrent combien la guerre de février a bouleversé les équilibres régionaux de manière imprévue. L'Iran, qui avait effectivement bloqué le détroit pendant les combats, cherche désormais à tirer profit de sa position géographique, tandis qu'Oman – médiateur traditionnel – tente de proposer un cadre qui ménage à la fois Téhéran et ses alliés occidentaux. La suite des échanges diplomatiques déterminera si ce plan de péage pourra être mis en œuvre et à quelles conditions.