L'opération d'évacuation des marins bloqués dans le golfe Persique a été suspendue jeudi, au lendemain d'une attaque contre un cargo au large d'Oman. Selon le chef de l'agence maritime des Nations unies, 115 navires et 2 500 marins avaient déjà pu quitter la zone depuis mardi, avant que l'incident ne vienne interrompre le processus.
Un navire endommagé par un projectile
Un cargo qui naviguait près des côtes omanaises a été touché par un projectile, sans que sa nature ou son origine aient été précisées dans l'immédiat. L'attaque s'est produite dans une zone stratégique, à proximité du détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport maritime mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Aucune information n'a été communiquée quant à d'éventuelles victimes ou à l'ampleur des dégâts.
Un plan d'évacuation à grande échelle
L'Organisation maritime internationale (OMI) avait lancé mardi une opération d'urgence pour évacuer les marins coincés dans les eaux du golfe Persique depuis plusieurs mois. Le plan prévoyait le départ de 600 navires et l'évacuation de 11 000 marins, bloqués en raison des tensions régionales et des restrictions de navigation imposées par l'Iran. En trois jours, 115 bâtiments et 2 500 membres d'équipage avaient pu être pris en charge, avant que l'attaque de jeudi ne contraigne l'ONU à suspendre l'opération.
Tensions persistantes dans la région
Le détroit d'Ormuz est au cœur de fortes tensions depuis plusieurs semaines. L'Iran avait durci sa position en exigeant que tout navire traversant le détroit sollicite au préalable une autorisation de Téhéran. Parallèlement, les États-Unis avaient mené des opérations militaires pour tenter de rétablir la liberté de navigation. L'attaque de jeudi intervient dans un contexte où le trafic maritime reste très perturbé, malgré des signes de déblocage partiel observés ces derniers jours, avec le passage de quelques navires, dont un méthanier français et des pétroliers iraniens.
Un cessez-le-feu négocié sous médiation
Un accord de cessez-le-feu, négocié sous médiation internationale, avait été trouvé entre Washington et Téhéran, ouvrant la voie à une reprise progressive du trafic. Cependant, les hostilités persistent et l'attaque de jeudi montre la fragilité de la situation. Le plan d'évacuation de l'OMI était précisément destiné à soustraire les marins bloqués à une zone devenue dangereuse. Sa suspension immédiate après l'incident témoigne de l'extrême volatilité de la région.
Conséquences pour la navigation et l'économie
Plus de 500 navires restent bloqués dans les eaux du golfe Persique, selon des données récentes. La reprise du trafic pétrolier et gazier, élément clé pour les marchés mondiaux de l'énergie, reste très incertaine. L'Irak, dont la production pétrolière avait été sévèrement touchée par le blocage, espérait un retour à la normale d'ici un à deux mois, mais la nouvelle attaque pourrait compromettre cette perspective. Les armateurs, prudents, attendent des garanties sécuritaires avant de renvoyer leurs navires dans le détroit d'Ormuz.
Réactions et suites
Aucune revendication n'a été formulée dans l'immédiat après l'attaque du cargo. Les autorités omanaises, l'Iran et les forces navales internationales présentes dans la région n'ont pas fait de déclaration publique. L'ONU a indiqué que l'évacuation des marins restait une priorité, mais que la sécurité des équipages imposait une suspension temporaire. Des discussions sont en cours pour évaluer la situation et décider des modalités d'une reprise éventuelle de l'opération.