L'Hexagone respire à peine. Après des jours de records de chaleur absolus, le pic de la canicule a été franchi jeudi, selon les données de Météo-France. Les thermomètres commencent à fléchir, mais le pays n'est pas encore sorti de la fournaise : 61 départements demeurent placés en vigilance rouge ce vendredi 26 juin.
Une décrue progressive attendue ce week-end
Météo-France a annoncé que 13 départements verront leur niveau d'alerte abaissé samedi à 6 heures du matin. Il s'agit de la Sarthe, de l'Indre-et-Loire, des Deux-Sèvres, de la Vienne, de la Charente, de la Haute-Vienne, de la Creuse, de la Dordogne, de la Corrèze, du Lot-et-Garonne, du Lot, du Tarn-et-Garonne et du Tarn. Ces territoires passeront en vigilance orange. Pour le reste, l'alerte rouge reste en vigueur pour la journée de vendredi.
Mercredi, la France a connu sa journée la plus chaude jamais enregistrée, effaçant le record qui datait de la veille seulement. Cette séquence de chaleur exceptionnelle place cet épisode caniculaire parmi les plus sévères de l'histoire météorologique récente.
Un drame et un bilan sanitaire qui s'alourdit
Dans ce contexte de chaleur extrême, un drame est survenu : un enfant de trois ans a été retrouvé mort dans une voiture, victime d'un coup de chaleur. Les circonstances exactes de ce décès n'ont pas été précisées par les autorités, mais ce tragique événement rappelle les dangers mortels de la canicule, en particulier pour les plus jeunes.
Par ailleurs, le nombre de noyades continue d'augmenter. Plus de 55 décès par noyade ont été recensés depuis le 18 juin. Les autorités sanitaires appellent à une vigilance accrue, notamment dans les zones de baignade, où la fréquentation massive peut conduire à des accidents.
Le système de santé sous tension maximale
Face à l'afflux de patients souffrant de pathologies liées à la chaleur, le gouvernement a déclenché jeudi le niveau 3 du plan Orsan (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles). Cette mesure vise à maintenir la capacité d'accueil des hôpitaux, mis à rude épreuve par l'afflux de malades.
À Paris, la préfecture de police a pris des mesures supplémentaires : la consommation d'alcool sur la voie publique est interdite à partir de 12 heures. Cette décision vise à limiter les hospitalisations liées à des malaises ou des rixes sous l'emprise de l'alcool, une source supplémentaire de saturation des urgences parisiennes.
L'éducation et les épreuves du brevet maintenues
Le secteur scolaire n'est pas épargné. Jeudi, près de 3 500 établissements ont dû fermer leurs portes, tandis que 10 000 autres ont adapté leurs horaires pour éviter les heures les plus chaudes. Ce vendredi, des dizaines de milliers de collégiens sont attendus pour les épreuves du brevet des collèges, qui n'ont pas été reportées malgré les appels de certains syndicats d'enseignants. Des dispositifs de rafraîchissement et d'hydratation ont été mis en place dans les centres d'examen.
La question électrique toujours sensible
Les précédentes journées de chaleur record ont provoqué des coupures de courant dans plusieurs dizaines de milliers de foyers. Les infrastructures électriques, mises sous pression par la demande accrue de climatisation et les défaillances techniques dues à la chaleur, restent sous surveillance. Les autorités appellent à la sobriété énergétique et à la prudence dans l'utilisation des appareils électriques.
Perspectives pour le week-end
Si la tendance à la baisse des températures se confirme, le retour à la normale ne sera pas immédiat. Les vigilances orange et rouge devraient être progressivement levées dans les prochains jours, mais les températures pourraient encore dépasser les 40 degrés par endroits jusqu'à samedi. Les autorités sanitaires rappellent les consignes de base : s'hydrater régulièrement, éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, et rester au frais autant que possible. La vigilance reste de mise pour les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de pathologies chroniques.