Moins d'une semaine après l'officialisation de son introduction en Bourse, SpaceX fait l'objet de prévisions financières ambitieuses de la part de Goldman Sachs. Selon une note d'analyse récente de la banque d'affaires, les revenus générés par l'intelligence artificielle au sein du groupe d'Elon Musk pourraient être multipliés par cent d'ici la fin de la décennie.
Cette projection s'inscrit dans un contexte où l'entreprise spatiale se prépare à une levée de fonds record de 75 milliards de dollars lors de son entrée à la Bourse de New York, prévue pour le 12 juin. Les analystes de Goldman Sachs estiment que la division dédiée à l'IA, qui exploite les capacités des satellites Starlink et des infrastructures de calcul embarquées, pourrait devenir un moteur de croissance majeur pour le groupe.
Des perspectives de croissance exponentielles
La note, dont la teneur a été rapportée par des sources proches du dossier, indique que le chiffre d'affaires issu de l'intelligence artificielle chez SpaceX pourrait passer de quelques centaines de millions de dollars actuellement à plusieurs dizaines de milliards en 2030. Cette explosion serait portée par la demande croissante de services de connectivité à faible latence pour les applications d'IA en périphérie (edge computing), ainsi que par le déploiement de centres de données en orbite.
Goldman Sachs souligne que la constellation Starlink, qui compte déjà plusieurs milliers de satellites en orbite basse, offre une infrastructure unique pour traiter des données à proximité des utilisateurs finaux, réduisant ainsi la latence. Cette capacité est jugée stratégique pour les applications d'IA en temps réel, telles que la conduite autonome, la robotique industrielle ou les opérations militaires.
Un levier pour l'introduction en Bourse
Ces prévisions interviennent à un moment crucial pour SpaceX, qui cherche à convaincre les investisseurs de la solidité de son modèle économique au-delà du transport spatial. La Banque estime que le segment IA pourrait représenter une part significative de la valorisation de l'entreprise, estimée à environ 1 750 milliards de dollars dans le cadre de l'opération boursière.
Les analystes notent toutefois que cette projection repose sur des hypothèses de déploiement commercial et réglementaire qui restent incertaines. Le développement de centres de données orbitaux, en particulier, nécessite des autorisations des agences spatiales et des régulateurs des télécommunications, un processus qui pourrait prendre plusieurs années.
Un contexte concurrentiel tendu
SpaceX n'est pas la seule entreprise à explorer le marché de l'IA depuis l'espace. Plusieurs concurrents, dont Amazon avec son projet Kuiper et des start-up spécialisées dans l'informatique en orbite, cherchent à développer des capacités similaires. Goldman Sachs reconnaît cette concurrence mais estime que l'avance technologique et la taille de la flotte de satellites de SpaceX lui confèrent un avantage décisif à court et moyen terme.
Les investisseurs institutionnels, sollicités dans le cadre de la tournée de présentation préalable à l'introduction en Bourse, ont accueilli ces perspectives avec un intérêt marqué, selon des sources bancaires. Plusieurs fonds souverains et gestionnaires d'actifs de premier plan auraient déjà manifesté leur intention de souscrire à l'offre.
L'opération, qui devrait être la plus importante introduction en Bourse de l'histoire, verra la mise sur le marché d'une partie du capital de SpaceX, permettant à ses actionnaires historiques de réaliser une partie de leurs plus-values. La société, fondée en 2002 par Elon Musk, est restée privée pendant près d'un quart de siècle, finançant sa croissance par des tours de table successifs.