SpaceX a officiellement entamé sa cotation en Bourse le 12 juin 2026, marquant une étape historique pour l'industrie spatiale et les marchés financiers. L'opération, qui constitue la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée, a vu la société d'Elon Musk lever 75 milliards de dollars, un record absolu qui dépasse largement les précédentes levées de fonds publics.
L'action de SpaceX a été fixée à 135 dollars par titre, valorisant l'entreprise à près de 1 770 milliards de dollars. Cette valorisation, bien que colossale, est inférieure aux estimations initiales qui atteignaient 1 800 milliards de dollars. L'enthousiasme des investisseurs s'est toutefois confirmé : la demande totale a dépassé les 350 milliards de dollars, soit près de cinq fois le montant levé, avec une participation massive d'investisseurs particuliers qui ont représenté plus de 250 milliards de dollars d'ordres.
Un record historique pour une entreprise privée
Cette introduction en Bourse pulvérise le précédent record détenu par le chinois Alibaba, qui avait levé 25 milliards de dollars en 2014. SpaceX, détenue jusqu'alors à environ 40 % par Elon Musk, s'ouvre ainsi au public dans un contexte où ses activités se diversifient bien au-delà du lancement de satellites et des missions vers l'ISS. La société développe notamment le vaisseau Starship, destiné à des voyages interplanétaires, et son réseau Starlink compte déjà plusieurs milliers de satellites en orbite basse.
Les analystes soulignent que la demande a été portée par l'engouement pour les technologies spatiales et l'intelligence artificielle. La banque Goldman Sachs a estimé que les revenus tirés de l'intelligence artificielle chez SpaceX pourraient être multipliés par cent d'ici à 2030, grâce notamment à l'exploitation des données satellitaires et à l'automatisation des systèmes de navigation.
Des interrogations sur la valorisation
Malgré ce succès retentissant, certains observateurs expriment des réserves sur le niveau de valorisation atteint. À 1 770 milliards de dollars, SpaceX pèse désormais plus que des géants établis comme Meta (maison mère de Facebook) ou Berkshire Hathaway. Les sceptiques pointent le caractère spéculatif d'une telle capitalisation pour une entreprise dont les bénéfices restent modestes et largement dépendants de contrats gouvernementaux et de lancements commerciaux.
D'autres estiment que la prime accordée reflète le potentiel de rupture de l'entreprise, qui ambitionne de coloniser Mars et de dominer le marché des télécommunications spatiales avec Starlink. La présence d'investisseurs particuliers, souvent moins regardants sur les ratios financiers traditionnels, a également contribué à soutenir les ordres.
Les premières cotations
Dès les premières minutes d'échanges, l'action SpaceX a enregistré une hausse modérée, oscillant entre 137 et 142 dollars, sans mouvement spectaculaire. Les spécialistes notent que le titre pourrait être soumis à une forte volatilité dans les semaines à venir, en fonction des annonces de l'entreprise sur ses projets Starship et Starlink.
L'introduction en Bourse de SpaceX intervient alors que le secteur spatial privé connaît une effervescence inédite, portée par la demande croissante de satellites et les projets d'exploration lunaire et martienne. D'autres acteurs comme Blue Origin ou Rocket Lab surveillent de près ce précédent, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles levées de fonds record dans l'industrie.
Une étape pour l'humanité selon Musk
Dans une communication aux actionnaires, Elon Musk a qualifié ce moment de « pas important pour SpaceX et pour l'humanité », réaffirmant sa vision de faire de l'espèce humaine une civilisation multiplanétaire. Il a également rappelé que la société comptait utiliser les fonds levés pour accélérer le développement de Starship et déployer la deuxième génération de satellites Starlink.
Les prochains mois seront décisifs pour juger de la capacité de SpaceX à tenir ses promesses de croissance et à rentabiliser ses investissements colossaux. En attendant, l'introduction en Bourse de l'entreprise restera comme un jalon dans l'histoire de la finance et de la conquête spatiale.