L'introduction en Bourse de SpaceX, déjà historique, a été revue à la hausse. Les banques chargées de l'opération ont exercé intégralement leur option d'achat de titres supplémentaires, portant le montant total levé à 85,7 milliards de dollars, selon un communiqué officiel de l'entreprise. Ce montant dépasse d'environ 10,7 milliards le record initial de 75 milliards annoncé quelques jours plus tôt.

L'offre, qui a débuté vendredi sur le Nasdaq, a valu à l'entreprise une valorisation de plus de 2 000 milliards de dollars en clôture. Dès le lundi suivant, l'action a poursuivi sa progression, permettant à SpaceX de dépasser en capitalisation le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC. Le fondateur Elon Musk est devenu, à cette occasion, le premier individu à voir sa fortune personnelle franchir le seuil des 1 000 milliards de dollars.

Utilisation des fonds levés

SpaceX a détaillé l'affectation des sommes récoltées. Une partie importante, environ 20 milliards de dollars, servira à rembourser des dettes héritées de X (anciennement Twitter) et de xAI, la société d'intelligence artificielle de M. Musk. Ces deux entités avaient été intégrées à SpaceX avant l'introduction en Bourse.

Le produit de l'offre doit également financer l'expansion de l'infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle, le renforcement des installations de lancement et l'amélioration du réseau Starlink. Ces investissements s'inscrivent dans la stratégie de croissance de l'entreprise, qui combine vols spatiaux, connectivité satellitaire et développement de l'IA.

Une demande sans précédent

L'opération avait suscité un intérêt massif de la part des investisseurs particuliers et institutionnels. Avant même la fixation du prix, les ordres d'achat émanant des particuliers avaient dépassé les 250 milliards de dollars, un niveau qui témoigne de l'enthousiasme suscité par la société spatiale. L'offre initiale de 75 milliards constituait déjà le plus gros montant jamais levé lors d'une première cotation.

La demande a été telle que les souscripteurs ont pu actionner la clause de surallocation, qui leur permet d'acquérir jusqu'à 15 % de titres supplémentaires par rapport au montant initial de l'offre. Cette option, courante dans les introductions en Bourse de grande envergure, a été exercée dans sa totalité.

Une valorisation contestée

Malgré ce succès retentissant, la valorisation de SpaceX fait débat. Certains analystes et investisseurs estimaient que le prix de 135 dollars par action, retenu pour l'introduction, valorisait l'entreprise à près de 1 800 milliards de dollars, un niveau jugé élevé au regard des perspectives de rentabilité. Les doutes portaient notamment sur la capacité de SpaceX à générer des bénéfices suffisants pour justifier une telle capitalisation, en particulier dans un contexte de concurrence accrue dans le secteur des lanceurs et des télécommunications par satellite.

Toutefois, l'envolée du titre dès les premiers jours de cotation a semblé donner raison aux partisans de l'entreprise, qui misent sur la croissance rapide de ses activités d'intelligence artificielle et sur l'expansion de Starlink pour justifier cette valorisation. Des projections de Goldman Sachs, évoquées avant l'introduction, anticipaient une multiplication par cent des revenus de l'IA de SpaceX d'ici 2030.

Un nouveau chapitre pour SpaceX

Cette introduction en Bourse marque un tournant pour SpaceX, longtemps restée une entreprise privée. En devenant publique, la société offre aux investisseurs du monde entier la possibilité de prendre part à son développement, tout en se soumettant aux obligations de transparence et de reporting qui incombent aux sociétés cotées. La levée de fonds record lui confère des moyens financiers considérables pour poursuivre ses ambitieux projets, qu'il s'agisse de la conquête de Mars, du déploiement de la constellation Starlink ou du développement de nouvelles générations de lanceurs.