Le ministre israélien de la Défense a déclaré, samedi 27 juin, que l'armée avait reçu pour instruction de se préparer à un « séjour prolongé » dans le secteur qu'elle occupe dans le sud du Liban, a-t-on appris de sources officielles. Cette annonce intervient au lendemain de la conclusion d'un accord-cadre entre le Liban et Israël visant à mettre fin aux hostilités.

Les termes précis de cet accord, présenté comme une feuille de route pour un cessez-le-feu durable, n'ont pas été détaillés publiquement. Mais l'ordre donné aux forces israéliennes de rester indéfiniment sur place contredit directement l'espoir, nourri par les médiateurs, d'un retrait progressif des troupes israéliennes et d'un retour des centaines de milliers de déplacés libanais vers leurs villages du sud.

Une position qui scelle l'occupation

En ordonnant à l'armée de se préparer à un stationnement de longue durée, le ministre de la Défense israélien semble écarter toute perspective de retrait rapide, même conditionnel. Cette position fragilise le fragile édifice diplomatique patiemment construit ces dernières semaines entre les deux pays, sous l'égide de médiateurs internationaux.

Le gouvernement libanais, qui avait salué l'accord-cadre comme une première étape vers la souveraineté sur l'ensemble de son territoire, se trouve désormais confronté à une nouvelle impasse. Les déplacés libanais, qui attendent dans des conditions précaires de pouvoir regagner leurs foyers, voient leurs espoirs anéantis par cette annonce.

Réactions et incertitudes

Aucune réaction officielle n'a filtré de Beyrouth dans l'immédiat. Mais des sources proches des négociations évoquent un « coup dur » pour le processus de paix. Le Hezbollah, qui n'est pas mentionné dans l'ordre israélien, reste un acteur clé sur le terrain, et son désarmement constitue une condition récurrente posée par Israël pour tout retrait – condition que l'ordre de « séjour prolongé » semble rendre caduque, du moins dans l'immédiat.

Cette décision unilatérale israélienne intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, alors que l'armée américaine a mené des frappes en Iran, et que Téhéran a promis une riposte. Le sort des déplacés libanais, pris en étau entre les exigences militaires israéliennes et les dynamiques politiques internes, reste plus que jamais incertain.