L'avertissement de Téhéran

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu que les attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban pourraient compromettre la trêve conclue entre l'Iran et les États-Unis. Selon lui, l'accord signé le 8 avril constitue « sans équivoque un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban », et « sa violation sur un front est une violation du cessez-le-feu sur tous les fronts ». Cette déclaration intervient après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné des frappes sur les « cibles terroristes » de la banlieue sud de Beyrouth, en représailles à des tirs de roquettes et de drones du Hezbollah contre des civils israéliens, ainsi que pour d'autres infractions à la trêve d'avril, qui n'a pas mis fin aux combats.

Une possible suspension des négociations

L'agence de presse iranienne Tasnim, proche du Corps des Gardiens de la révolution islamique, a rapporté que Téhéran pourrait suspendre les discussions indirectes avec Washington. La même source a également indiqué que l'Iran et ses alliés pourraient « activer d'autres fronts, y compris le détroit de Bab al-Mandab », à l'entrée de la mer Rouge. Si les autorités iraniennes n'ont pas officiellement commenté ces informations, la télévision d'État a jugé la probabilité élevée d'une rupture du cessez-le-feu avec les États-Unis si Israël ne mettait pas un terme à son offensive au Liban.

Escalade dans le détroit d'Ormuz

Les tensions entre l'Iran et les États-Unis se sont également accrues dans le détroit d'Ormuz ce week-end. Washington a affirmé avoir frappé des sites militaires iraniens, tandis que Téhéran a déclaré avoir visé en réponse une base américaine au Koweït. Ces échanges ont contribué à une nouvelle hausse du prix du pétrole lundi : le baril de Brent a bondi de près de 5 dollars pour atteindre 97,44 dollars. Le conflit de trois mois a de facto fermé le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de l'approvisionnement mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ce qui pèse sur les coûts énergétiques mondiaux.

Les États-Unis tentent d'apaiser le front libanais

Un responsable américain a indiqué dimanche que le secrétaire d'État Marco Rubio avait proposé au Premier ministre israélien et au président libanais Joseph Aoun un plan de « désescalade progressive » au Liban. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Liban le 16 avril, l'armée israélienne a frappé Beyrouth à deux reprises, dont la dernière fois jeudi. Cette intensité reste toutefois moindre qu'auparavant, des informations faisant état de pressions de la Maison-Blanche sur Israël pour limiter ses actions militaires dans la capitale libanaise, afin de ne pas compromettre les efforts visant à conclure un accord plus large mettant fin à la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

Des négociations au point mort

Le président américain Donald Trump a répété à plusieurs reprises ces derniers jours que Washington et Téhéran étaient proches d'un accord permanent et que les pourparlers avançaient, mais aucun accord formel n'a encore été conclu. La situation demeure volatile, avec des implications directes sur les marchés énergétiques depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février.