Les discussions de paix entre l'Iran et les États-Unis sont entrées dans une phase d'incertitude après que Téhéran a suspendu sa participation aux pourparlers prévus en Suisse. La décision iranienne fait suite à des frappes israéliennes menées jeudi dans le sud du Liban, qui ont fait trois morts dans les localités de Kfar Tebnit et Zabadin.
Selon des informations provenant de sources iraniennes, la République islamique estime que ces frappes constituent une violation directe de l'accord conclu avec Washington. Le texte du mémorandum d'entente signé entre les deux pays prévoit en effet, dans son premier paragraphe, un arrêt complet des hostilités, incluant celles impliquant le Hezbollah libanais. Or, l'État hébreu continue de mener des opérations dans le sud du Liban, malgré l'engagement pris par les États-Unis de garantir une trêve dans cette région.
Report du voyage de JD Vance
Le gouvernement américain a confirmé tard dans la soirée de jeudi que le vice-président JD Vance avait reporté son déplacement très attendu en Suisse, où il devait rencontrer des négociateurs iraniens. Ce rendez-vous, initialement prévu pour vendredi, est désormais sans nouvelle date. La Maison-Blanche n'a pas officiellement justifié ce report par la décision iranienne, mais les deux événements semblent liés.
Parallèlement, le Commandement central des États-Unis a annoncé avoir officiellement levé le blocus américain sur les ports iraniens, permettant au commerce de transit de reprendre librement, conformément au mémorandum d'entente. Cette mesure, qui devait entrer en vigueur simultanément à l'ouverture des pourparlers, se trouve désormais dans une situation ambiguë.
Tensions sur le terrain et menaces verbales
Le négociateur en chef iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a adopté un ton martial dans une déclaration publiée jeudi soir. Faisant référence à l'accord récent et aux perspectives de paix, il a prévenu que Téhéran pourrait recourir à la force si les termes du deal n'étaient pas respectés. Cette rhétorique belliqueuse contraste avec l'espoir de dialogue qu'avait suscité la signature du mémorandum.
Du côté israélien, aucun signe d'apaisement n'est perceptible. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou maintient qu'il doit occuper une bande de territoire le long de la frontière libanaise pour protéger ses localités d'éventuelles attaques. Des voix au sein de l'exécutif israélien vont même jusqu'à réclamer une escalade militaire plus large. Moshe Saada, député du parti Likoud au pouvoir, a ainsi déclaré cette semaine que « le devoir exige que nous frappions le Liban partout, 24 heures sur 24, avec une force maximale et sans proportionnalité ».
Un accord contourné
La difficulté centrale de l'accord réside dans le fait qu'Israël n'y est pas partie prenante. Le mémorandum d'entente prévoit la paix au Liban comme une contrepartie américaine, mais sa mise en œuvre exige que Washington convainque l'État hébreu de modifier sa stratégie militaire. Jusqu'à présent, Israël a refusé de se considérer lié par cet engagement, ce qui place les États-Unis dans une position délicate vis-à-vis de Téhéran.
L'Iran, de son côté, considère que la poursuite des frappes israéliennes contre le Hezbollah, qu'il soutient militairement et politiquement, viole l'esprit et la lettre de l'accord. La suspension des pourparlers et le report de la visite du vice-président américain illustrent la fragilité du processus diplomatique, alors que la région reste en proie à des violences quasi quotidiennes.
Les prochains jours seront décisifs pour savoir si le cessez-le-feu peut être préservé et si les deux parties parviendront à surmonter cette crise, ou si la guerre reprendra sur tous les fronts.