Les discussions prévues entre les États-Unis et l'Iran pour régler les détails techniques de leur accord de cessez-le-feu n'auront pas lieu comme prévu. Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé, tôt vendredi 19 juin, que les pourparlers qui devaient se tenir à Burgenstock, en Suisse, sont reportés.
Selon des informations concordantes, Téhéran a différé l'envoi de sa délégation pour protester contre les opérations militaires israéliennes en cours au Liban. Des frappes menées pendant la nuit et jusqu'à vendredi auraient fait au moins seize morts dans le sud du Liban, où le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a signalé des combats intenses.
Une cérémonie et des discussions avortées
Une cérémonie suivie de négociations était attendue au Burgenstock Resort, à Stansstad, près de Lucerne, dans le centre de la Suisse. Cet établissement appartient à Katara Hospitality, une branche du fonds souverain du Qatar, qui a joué un rôle de médiation dans le conflit. Le vice-président américain, J.D. Vance, devait effectuer un vol de nuit pour rejoindre ses homologues iraniens dans cette station de montagne. Son équipe et un petit groupe de journalistes s'étaient même rassemblés sur la base aérienne de Joint Base Andrews, près de Washington, dans l'attente du départ.
Vendredi, dans un message adressé à l'Agence France-Presse, le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré : « Les pourparlers prévus entre les États-Unis, l'Iran, le Qatar et le Pakistan ont été reportés. » La même source a ajouté : « La Suisse reste prête à faciliter ces discussions. Les travaux préparatoires pertinents à Burgenstock se poursuivent », sans préciser de nouvelle date.
Cette annonce fait suite à un rapport selon lequel l'Iran retardait l'envoi de sa délégation en raison de la campagne militaire israélienne en cours au Liban. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclaré jeudi que l'armée israélienne resterait dans une « zone de sécurité » du sud du Liban aussi longtemps que « les besoins de sécurité d'Israël l'exigeront ».
Un obstacle majeur pour l'accord
Israël et le Hezbollah ne sont pas signataires de l'accord de cessez-le-feu, mais l'Iran a conditionné sa mise en œuvre au retrait israélien de la vaste zone qu'il occupe dans le sud du Liban. L'empressement de Washington à entamer des négociations de haut niveau s'est heurté à un obstacle, deux jours seulement après la signature d'un protocole d'accord en quatorze points entre les États-Unis et l'Iran. Ce document, signé électroniquement mercredi, pose les bases de discussions sur une période de soixante jours.
Les frappes israéliennes de ces derniers jours, qui ont visé le sud du Liban, sont perçues par Téhéran comme une violation de l'esprit de l'accord. Le Hezbollah, allié de l'Iran, a fait état de combats intenses. La situation reste tendue, et le report des pourparlers illustre la fragilité du processus diplomatique en cours.
Les médiateurs, dont le Qatar et la Suisse, restent en attente d'une nouvelle fenêtre de dialogue, mais les conditions sur le terrain compliquent la reprise des discussions. Washington continue de pousser pour une désescalade, mais les positions israéliennes et iraniennes semblent difficilement conciliables à ce stade.