L'armée israélienne a sommé, ce dimanche, les habitants de 29 localités du sud du Liban de quitter immédiatement leurs habitations et de se diriger vers le nord du fleuve Zahrani. Cette mesure concerne 25 villages du district de Nabatieh et quatre du district de Sidon, parmi lesquels Jbaa, Houmin al-Tahta, Ansar et Kfar Sir, selon un porte-parole militaire israélien.
Cette annonce intervient après que l'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré trois projectiles en direction du nord d'Israël, qualifiant cet acte de « violation flagrante de la trêve ». Les autorités israéliennes affirment agir en réponse à des tirs de missiles et de drones imputés au Hezbollah.
Frappes aériennes et destruction
Quelques heures après la diffusion de ces ordres d'évacuation, un raid aérien israélien a touché la localité de Froun, dans le district de Bint Jbeil, selon des correspondants présents sur le terrain. La ville de Nabatieh, autrefois prospère et densément peuplée, subit depuis plusieurs semaines des bombardements intensifs qui ont provoqué d'importantes destructions. Elle abrite désormais l'un des rares hôpitaux encore en activité dans le sud du pays.
Inquiétudes persistantes au Liban
Au Liban, l'éventualité d'un accord entre les États-Unis et l'Iran suscite une vive anxiété. En avril dernier, après l'annonce d'une trêve temporaire entre Washington et Téhéran, l'État hébreu avait intensifié ses frappes sur le territoire libanais, provoquant la journée la plus meurtrière du conflit avec plus de 350 morts. Des observateurs soulignent qu'à l'époque, Israël avait justifié cette escalade en affirmant que le Liban n'était pas partie prenante de l'accord conclu avec l'Iran. La crainte est désormais que la même logique prévale alors que les discussions se poursuivent.
Contexte régional tendu
Ces développements interviennent tandis que l'Iran insiste pour que le Liban soit inclus dans tout mémorandum d'entente envisagé avec les États-Unis visant à mettre fin à la guerre dans la région. Les discussions entre Washington et Téhéran, qui semblaient avoir progressé ces derniers jours, n'ont pour l'instant pas permis de désamorcer les hostilités au Liban, où les affrontements se poursuivent. L'armée israélienne justifie ses actions militaires par la nécessité de répondre aux tirs du Hezbollah, alors que le mouvement chiite libanais nie toute implication dans les dernières escalades.