Un nouveau cessez-le-feu au Liban, le sixième en quelques semaines, a volé en éclats au bout de vingt-quatre heures, plongeant à nouveau la région dans une escalade militaire qui menace l'accord de paix préliminaire entre les États-Unis et l'Iran. Samedi, l'armée israélienne a bombardé villes et villages du sud du pays, tuant au moins sept personnes et en blessant plus d'une douzaine, selon le ministère libanais de la Santé.
L'armée israélienne a justifié ces frappes en affirmant que le Hezbollah, mouvement armé libanais soutenu par l'Iran, avait tiré plus de 50 projectiles durant la nuit contre ses soldats positionnés dans le sud du Liban, une zone que l'État hébreu occupe en partie depuis mars. De son côté, le Hezbollah a indiqué avoir attaqué des forces israéliennes qui avançaient vers la colline stratégique d'Ali al-Taher, dominant la ville de Nabatieh, devenue un point chaud du conflit.
L'Iran durcit sa posture
Pour la deuxième fois en deux jours, le Liban se retrouve au cœur de la fragilité de l'accord américano-iranien. En réaction aux frappes persistantes, l'Iran a annoncé samedi la fermeture du détroit d'Ormuz à la circulation maritime, une voie stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial. Téhéran justifie cette mesure par la poursuite des attaques israéliennes, en violation des termes de l'accord prévoyant la fin des opérations militaires au Liban.
Le Hezbollah a affirmé rester « engagé » envers l'accord de trêve, mais a prévenu qu'il « ne tolérera aucune tentative de l'ennemi de s'emparer de nouveaux territoires ou d'étendre son occupation ». Les responsables israéliens maintiennent qu'ils poursuivront leurs opérations dans ce qu'ils appellent la « zone de sécurité », une bande de territoire s'étendant désormais sur plus de dix kilomètres à l'intérieur du Liban.
Un soldat libanais tué
L'armée libanaise, qui n'est pas partie au conflit entre Israël et le Hezbollah mais qui est souvent prise pour cible, a annoncé la mort de l'un de ses soldats dans une frappe israélienne samedi. Dans un communiqué d'une fermeté inhabituelle, elle a accusé Israël de chercher à « entraver toute solution » susceptible de rétablir la stabilité au Liban. Interrogée, l'armée israélienne a indiqué qu'elle examinait l'incident.
L'impasse actuelle laisse craindre que le cessez-le-feu ne soit plus qu'un répit temporaire, et que toute nouvelle attaque ne provoque une escalade rapide, compromettant définitivement les pourparlers de paix entre Washington et Téhéran.