Frappes ininterrompues dans le sud du Liban

L'armée israélienne a poursuivi vendredi ses bombardements intensifs contre le sud du Liban, ciblant des positions du Hezbollah. Selon un bilan officiel israélien, plus de 300 frappes ont été menées au cours de la semaine écoulée. Les affrontements se sont accompagnés de tirs de roquettes du Hezbollah sur le nord d'Israël et de combats au sol dans les zones où l'armée israélienne a pénétré.

Dans la ville portuaire de Tyr, habituellement peuplée d'environ 100 000 habitants, l'ordre d'évacuation émis cette semaine par l'armée israélienne a vidé les rues. De nombreux habitants ont trouvé refuge sur la plage, où des tentes de fortune ont été installées. "Que faisons-nous, nous les civils, pour mériter cela ?" s'interroge Ali Shmaysena, 60 ans, gérant d'un café en bord de route. Il dort désormais sur le rivage, après qu'une frappe israélienne a touché l'immeuble voisin de son domicile quelques jours plus tôt.

Un cessez-le-feu déjà rejeté par le Hezbollah

Un nouvel accord de trêve, négocié sous l'égide des États-Unis entre Israël et le gouvernement libanais, avait été annoncé la semaine dernière. Mais le Hezbollah, qui n'était pas partie aux discussions et que l'État libanais ne contrôle pas, l'a rejeté. La milice pro-iranienne exige des concessions immédiates d'Israël avant tout arrêt des tirs, ce qui n'était pas prévu par le texte de l'accord. En l'absence de capacité du gouvernement libanais à imposer cette trêve au Hezbollah, celle-ci n'a jamais été appliquée.

Les négociations américano-iraniennes butent sur le Liban

Ce conflit, le second entre le Liban et Israël en deux ans, freine les efforts diplomatiques de l'administration Trump. Le président américain tente de négocier un accord global avec Téhéran pour mettre fin à une guerre régionale qui ébranle l'économie mondiale. Depuis des semaines, l'Iran pose une condition claire : tout accord doit comprendre la fin de la campagne israélienne contre le Hezbollah. Mais Israël refuse de lier les deux dossiers.

Cette divergence maintient le Liban dans une situation d'incertitude. Alors que des signes d'optimisme prudent émergeaient ailleurs au Moyen-Orient vendredi, les drones israéliens ont continué de survoler Beyrouth et des missiles sont tombés sur des localités du sud du pays. Les forces israéliennes occupent par ailleurs de vastes étendues de territoire libanais.

Un conflit né de la guerre contre l'Iran

La guerre actuelle a éclaté en mars, après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël en riposte à l'assaut américano-israélien contre l'Iran. Elle illustre l'imbrication des dynamiques régionales et l'incapacité des mécanismes de cessez-le-feu à enrayer les violences tant que le sort du Hezbollah reste lié à celui de Téhéran.