Une nouvelle escalade de violences secoue le Proche-Orient. Au moins 18 personnes ont été tuées au Liban au cours de la nuit, sous les frappes de l'armée israélienne qui intensifie ses opérations dans le sud du pays. L'offensive intervient alors que les discussions entre les États-Unis et l'Iran, destinées à relancer un accord sur le programme nucléaire iranien, viennent d'être reportées. Ce double mouvement ravive les craintes d'un embrasement régional.
Les raids aériens israéliens ont visé plusieurs localités du sud du Liban, faisant des victimes civiles et des dégâts matériels importants. Les autorités libanaises n'ont pas encore communiqué de bilan officiel exhaustif, mais les secouristes font état d'un nombre de morts en hausse depuis le déclenchement de cette nouvelle phase de bombardements. Des témoins rapportent que des frappes ont touché des habitations et des infrastructures civiles, provoquant des scènes de panique parmi la population.
Des pourparlers suspendus
Dans ce contexte de tensions, les négociations entre les émissaires américains et iraniens, qui devaient se tenir ces derniers jours pour tenter de relancer l'accord sur le nucléaire iranien, ont été repoussées. Le report a été officialisé sans précision sur une nouvelle date. Selon des sources diplomatiques, la détérioration de la situation sécuritaire au Liban est directement liée à cette décision. Téhéran avait précédemment conditionné la poursuite du dialogue avec Washington à l'arrêt des frappes israéliennes sur le territoire libanais.
Le gouvernement iranien estime que les bombardements israéliens constituent une violation des termes implicites de la trêve américano-iranienne en vigueur depuis plusieurs mois. En représailles, les Gardiens de la Révolution ont menacé de rompre tout engagement si les opérations israéliennes ne cessaient pas. Le report des pourparlers nucléaires est perçu comme une conséquence directe de cette escalade militaire.
Une trêve américano-iranienne fragilisée
L'accord informel entre Washington et Téhéran, qui visait à réduire les tensions régionales et à geler les activités nucléaires iraniennes en échange d'un allègement des sanctions, est de plus en plus mis à mal par les actions israéliennes. Israël n'a jamais caché son opposition à un retour à l'accord de 2015 ni à tout arrangement avec l'Iran, qu'il considère comme une menace existentielle. Le Premier ministre israélien a réaffirmé que son pays agirait « par tous les moyens nécessaires » pour empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire et pour neutraliser les capacités du Hezbollah au Liban.
Du côté libanais, le Hezbollah a multiplié les avertissements, menaçant de riposter massivement si les frappes se poursuivent. La milice chiite a revendiqué plusieurs tirs de roquettes vers le nord d'Israël, qui ont été interceptés par la défense antiaérienne israélienne. Ces échanges de tirs font craindre une reprise des combats à grande échelle le long de la frontière israélo-libanaise.
Des frappes sans distinction ?
L'offensive israélienne est justifiée par Jérusalem comme une réponse à des violations du cessez-le-feu par le Hezbollah. L'armée israélienne a ordonné l'évacuation de plusieurs localités du sud du Liban, accusant le Hezbollah d'y implanter des infrastructures militaires. Toutefois, les frappes nocturnes ont touché des zones densément peuplées, suscitant des critiques d'organisations de défense des droits humains qui dénoncent des attaques potentiellement disproportionnées.
La communauté internationale, via les Nations unies et plusieurs capitales européennes, a appelé à la retenue et à un retour immédiat au cessez-le-feu. Le secrétaire général des Nations unies s'est dit « profondément préoccupé par l'escalade de la violence au Liban et ses implications pour la stabilité régionale ». Aucune médiation concrète n'a toutefois permis pour l'instant de désamorcer la crise.
Vers un éclatement de l'accord ?
Le report des pourparlers nucléaires américano-iraniens jette une ombre supplémentaire sur la perspective d'un accord formel. Les analystes estiment que la fenêtre diplomatique se referme rapidement. Si les frappes israéliennes ne cessent pas, l'Iran pourrait durcir sa position et relancer des activités nucléaires sensibles, ce qui raviverait les tensions avec les puissances occidentales.
En attendant, le Liban paie le prix le plus lourd de cette confrontation indirecte entre Israël et l'Iran. Le pays, déjà plongé dans une grave crise économique et politique, voit ses infrastructures détruites et sa population civile prise pour cible. La situation humanitaire se dégrade de jour en jour, avec des déplacés fuyant les zones de combat vers Beyrouth et le nord du pays.
Les prochains jours seront décisifs pour savoir si la diplomatie américano-iranienne peut résister à cette épreuve de force, ou si le conflit larvé entre Israël et l'Iran par Liban interposé dégénère en une guerre ouverte.