Des frappes malgré la signature
L'accord intérimaire signé mercredi 17 juin entre les États-Unis et l'Iran prévoyait une cessation des hostilités « sur tous les fronts », y compris le Liban. Cependant, dès le lendemain, jeudi 18 juin, l'aviation israélienne a mené plusieurs raids dans le sud du pays. Selon l'agence de presse officielle libanaise (NNA), une frappe de drone a visé une voiture près du village de Kfar Tebnit, faisant deux morts. Une autre attaque, à Zabadin, a causé la mort d'une personne, et un bombardement à Beit Yahoun, dans la région de Nabatieh, a blessé deux civils. La chaîne France 24 rapporte de son côté un bilan d'au moins cinq morts pour cette journée, tandis que des médias libanais évoquaient déjà des frappes meurtrières dans les jours précédant l'accord.
La carte de la « ligne jaune »
Parallèlement aux combats, l'armée israélienne a diffusé une carte détaillant ce qu'elle nomme la « ligne jaune », une zone tampon qu'elle contrôle à l'intérieur du Liban. Celle-ci s'étend sur environ dix kilomètres depuis la frontière et comprend à la fois des portions terrestres et maritimes. Des experts juridiques maritimes consultés par Al Jazeera estiment que cette emprise en mer violerait l'accord de délimitation maritime conclu entre le Liban et Israël en 2022, qui garantissait au Liban l'exploitation exclusive du gisement gazier de Qana.
Israël récuse les termes de l'accord
L'accord américano-iranien prévoit explicitement la fin des opérations militaires israéliennes au Liban. Israël n'était pas partie prenante aux négociations directes entre Washington et Téhéran, mais les États-Unis espéraient que l'accord contraindrait de facto leur allié à un cessez-le-feu. Or, les autorités israéliennes ont publiquement rejeté toute demande de retrait, avançant, via leur porte-parole militaire, que leurs forces doivent rester sur place pour empêcher le Hezbollah de reconstituer ses capacités près de la frontière. Le gouvernement israélien a par ailleurs accusé le Hezbollah de violer la trêve, justifiant ainsi la poursuite de ses opérations.
Réactions et négociations en cours
L'Iran, par la voix de ses responsables, a conditionné tout accord de paix durable à un retrait israélien complet du Liban et à la fin des frappes. Le Premier ministre israélien n'a pour l'instant fait aucune déclaration publique sur un éventuel retrait, mais des sources diplomatiques citées par plusieurs médias indiquent que les discussions de Washington n'ont pas inclus de clause contraignante pour Israël.
Une trêve déjà fragile
Depuis plusieurs semaines, des affrontements sporadiques opposent l'armée israélienne à des groupes armés dans le sud du Liban. Les frappes de ces derniers jours — qui ont fait plusieurs morts et blessés, notamment dans les localités de Kfar Tebnit, Zabadin et Beit Yahoun — montrent que l'accord entre Américains et Iraniens n'a pas encore entraîné de cessez-le-feu effectif sur le terrain libanais. La communauté internationale suit avec attention les conséquences de cet accord qui, bien qu'ayant permis une désescalade sur le front iranien, semble ne pas avoir réglé la question libanaise.
Des positions israéliennes qui s'ancrent
La publication de la carte des positions israéliennes, établie sur le modèle de la « zone jaune » déjà mise en place dans la bande de Gaza, suggère qu'Israël entend maintenir une présence militaire prolongée au Liban, au mépris des appels américains à un retrait et des termes de l'accord du 17 juin. Cette situation place Washington face à un dilemme : ou faire pression sur son allié israélien pour qu'il se retire, au risque de le braquer, ou tolérer le statu quo, ce qui affaiblirait la crédibilité de l'accord signé avec Téhéran.