Match nul et frustration à Seattle
L’équipe d’Iran a conclu sa phase de groupes de la Coupe du monde 2026 sur un match nul 1-1 face à l’Égypte, vendredi soir au Seattle Stadium. Ce résultat laisse les Iraniens à la troisième place du groupe G, dans l’attente des résultats des rencontres de samedi pour savoir s’ils décrocheront l’un des huit tickets de meilleurs troisièmes permettant d’atteindre les huitièmes de finale, une première dans l’histoire du pays.
La fin de la rencontre a été marquée par la frustration : alors qu’un but de Shojae Khalilzadeh dans le temps additionnel semblait offrir la victoire à l’Iran, l’intervention de l’assistance vidéo (VAR) a annulé le but pour un hors-jeu de quelques centimètres. L’espoir d’une qualification directe s’est évanoui, plongeant le camp iranien dans l’attente.
« Traitement vraiment terrible » : le sélectionneur hausse le ton
Au-delà du résultat sportif, le sélectionneur Amir Ghalenoei a exprimé son mécontentement face aux conditions d’accueil réservées à sa délégation depuis le début du tournoi. « L’hôte n’a pas été très bon avec nous », a-t-il déclaré après le match, en référence aux États-Unis, coorganisateurs du Mondial. « J’exhorte la FIFA à ne pas laisser les hôtes traiter les équipes et les joueurs de la même manière à l’avenir. J’espère que M. Infantino se dressera réellement contre un tel comportement », a-t-il ajouté, s’adressant directement au président de la Fédération internationale.
Ces critiques font suite à une série d’incidents qui ont perturbé la préparation iranienne. En raison du conflit en cours au Moyen-Orient, l’équipe a déplacé son camp d’entraînement de Tucson (Arizona) à Tijuana, au Mexique. Les déplacements aller-retour entre le Mexique et les États-Unis pour les trois matches de poule ont engendré des difficultés logistiques répétées. Par ailleurs, plusieurs membres du staff ont rencontré des problèmes d’obtention de visas, et l’attaquant Mehdi Taremi avait été brièvement retenu à l’aéroport par des agents américains quelques jours plus tôt.
Un contexte politique et festif chargé
La rencontre s’est déroulée alors que Seattle célébrait son festival annuel PrideFest. Le comité d’accueil local avait désigné le 26 juin comme « match de la fierté » (Pride Match), bien avant que le tirage au sort de décembre n’oppose l’Égypte et l’Iran. Aucune activité officielle liée à la Pride n’a été organisée dans l’enceinte du stade ou dans la fan zone de la FIFA, mais plusieurs drapeaux arc-en-ciel ont été observés parmi les spectateurs, témoignant d’un climat mêlant sport et revendications.
À l’extérieur du stade, plusieurs centaines de partisans de Reza Pahlavi, figure de l’opposition au régime iranien, ont manifesté pacifiquement. Cette mobilisation a créé une atmosphère tendue mais calme pendant les deux heures précédant le coup d’envoi, ajoutant une dimension politique à un match déjà hautement symbolique.
L’Iran en sursis, le monde du football attend
Malgré les difficultés, l’équipe d’Iran conserve une chance mathématique de se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais au-delà de l’enjeu sportif, les déclarations de Ghalenoei relancent le débat sur le rôle des pays hôtes dans l’accueil des délégations et sur la capacité de la FIFA à garantir un traitement équitable à toutes les équipes. La requête adressée à Gianni Infantino pourrait trouver un écho auprès d’autres fédérations confrontées à des restrictions de voyage ou à des tensions diplomatiques.
Pour l’heure, les joueurs iraniens et leur encadrement attendent de connaître leur sort sportif, tandis que la Fédération iranienne de football a déjà saisi officiellement la FIFA à plusieurs reprises depuis le début du mois de juin pour dénoncer ce qu’elle considère comme un traitement discriminatoire. L’issue de cette plainte, couplée à la performance sur le terrain, déterminera si l’équipe pourra continuer son parcours américain ou si l’épisode laissera un goût amer bien au-delà des terrains.