Tensions diplomatiques autour du Mondial : l'Iran dénonce un retrait de ses quotas de billets

À trois jours du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, la Fédération iranienne de football (FFIRI) a accusé mardi les États-Unis d'avoir annulé les quotas de billets attribués à ses supporteurs pour les rencontres de la phase de groupes. Dans un communiqué officiel, l'instance sportive affirme que Washington a pris cette décision dans le cadre d'un différend diplomatique persistant, entravant ainsi la présence des fans iraniens dans les stades américains.

Selon la FFIRI, les règlements de la FIFA prévoient que chaque fédération participante reçoive 8 % des places disponibles pour ses matchs. L'Iran affirme avoir déjà engagé la vente de ces billets pour ses trois rencontres — contre la Nouvelle-Zélande, la Belgique et l'Égypte — toutes programmées aux États-Unis, et que certains supporteurs avaient déjà pris leurs dispositions. « Dans un geste inattendu, l'allocation accordée à la Fédération iranienne de football a été retirée », précise le texte, ajoutant qu'aucun billet ne peut désormais être fourni aux partisans de la sélection nationale.

Une mesure jugée contraire à l'esprit sportif

La FFIRI a qualifié cette décision de « contraire à l'esprit qui régit les compétitions internationales et au principe d'égalité entre les pays participants ». L'instance appelle la FIFA et les organisateurs du tournoi à « défendre les principes de neutralité, d'équité et les règlements établis, afin de fournir les conditions nécessaires aux supporteurs iraniens ».

À ce stade, ni la fédération internationale ni les organisateurs américains n'ont réagi publiquement à ces accusations. Les autorités américaines n'ont pas non plus commenté le dossier.

Des difficultés d'accès qui s'accumulent

Cette plainte constitue le dernier épisode d'une série de tensions autour de la participation iranienne à la compétition. Téhéran avait déjà signalé que les États-Unis refusaient de délivrer des visas à une quinzaine de membres de son personnel administratif et d'encadrement. Ces obstacles bureaucratiques ont conduit la délégation iranienne à revoir ses plans : elle a annoncé le transfert de sa base d'entraînement de Tucson, en Arizona, à Tijuana, ville mexicaine située à la frontière avec les États-Unis.

L'équipe d'Iran est arrivée dimanche à Tijuana, où elle s'est installée pour préparer sa campagne. Les joueurs et l'encadrement immédiat ont bien obtenu des visas américains, permettant leur entrée au Mexique, mais les restrictions touchent désormais directement les supporteurs.

Un contexte de guerre larvée

Les relations entre Washington et Téhéran sont à leur point le plus bas depuis plusieurs mois, les deux pays étant décrits par certaines sources comme « effectivement en guerre » depuis une attaque sur le territoire iranien survenue fin février. Cette atmosphère de défiance imprègne désormais tous les échanges, y compris dans le domaine sportif, pourtant traditionnellement préservé.

Calendrier des matchs de l'Iran

La sélection iranienne ouvrira son Mondial le 15 juin à Los Angeles face à la Nouvelle-Zélande. Elle y affrontera ensuite la Belgique le 21 juin, avant de se rendre à Seattle pour y défier l'Égypte le 26 juin. Toutes ces rencontres se déroulent aux États-Unis, ce qui place les supporteurs iraniens dans l'impossibilité d'y assister sans billet, selon les accusations de Téhéran.

Le bras de fer diplomatique autour de la billetterie pourrait encore s'intensifier dans les prochains jours, alors que la compétition s'ouvre sur fond de crise politique majeure entre les deux pays.