À Los Angeles, à la veille du premier match de l'Iran dans la Coupe du monde 2026, le sélectionneur Amir Ghalenoei a exprimé son mécontentement face au traitement réservé à sa délégation par les autorités américaines. S'exprimant lors d'une conférence de presse, il a estimé que les conditions d'accueil imposées à son équipe nuisaient à « l'esprit du football ».
Des obstacles logistiques et diplomatiques
L'équipe iranienne, qui s'est qualifiée en tête de son groupe des éliminatoires asiatiques avec un bilan d'une seule défaite en dix rencontres, a dû établir son camp de base au Mexique, à Tijuana, les États-Unis ayant refusé d'y accueillir la délégation pour la durée du tournoi. Cette décision, conjuguée à des refus de visas pour plusieurs membres du staff, a alourdi la préparation de la sélection.
« Ce genre de comportement aura un impact négatif sur l'esprit du football », a déclaré Ghalenoei devant les journalistes. « Que nous gagnions ou que nous perdions, ce sentiment est difficile à porter. »
Son attaquant vedette, Mehdi Taremi, ancien joueur de l'Inter Milan, a renchéri en soulignant que les politiques restrictives de Washington avaient terni la magie habituelle de l'événement. « Nous ne vivons pas la même belle expérience dont nous parlons toujours – la paix, la joie », a-t-il affirmé. « Cette tension sape cette joie. Elle sape le message de la FIFA. »
Un contexte géopolitique tendu
Les relations entre Téhéran et Washington restent extrêmement tendues. En mars, le président américain Donald Trump avait déclaré que l'équipe iranienne n'était « pas la bienvenue » sur le sol américain, évoquant des risques pour sa sécurité. « L'équipe nationale de football d'Iran est la bienvenue à la Coupe du monde, mais je ne crois vraiment pas qu'il soit approprié qu'elle soit là, pour sa propre vie et sa sécurité », avait-il alors lancé.
Ces propos avaient jeté le doute sur la participation iranienne, avant qu'un accord ne permette finalement à la sélection de prendre part au tournoi, mais avec l'obligation de s'entraîner au Mexique et de ne se rendre aux États-Unis que pour les matchs.
Quatre visas obtenus en appel, onze toujours exclus
Par ailleurs, la situation des visas continue d'alimenter les tensions. Selon des informations récentes, quatre membres de la délégation iranienne ont obtenu leur visa américain en appel, mais onze autres en sont toujours exclus. Cette situation, qui touche des joueurs, des membres du staff technique et des accompagnateurs, complique la logistique de l'équipe.
Taremi a également évoqué le refus d'entrée opposé à l'arbitre somalien Omar Artan, soulignant que l'Iran n'était pas le seul pays confronté à ces difficultés avec les autorités américaines.
Un enjeu sportif et politique
L'Iran, qui affronte la Nouvelle-Zélande, la Belgique et l'Égypte dans le groupe de la phase finale, aborde ces matchs avec une dynamique positive après plusieurs victoires en matches amicaux. Mais le climat politique, couplé aux entraves administratives, risque de peser sur le moral des joueurs. « La sensation que les gens ont en attendant la Coupe du monde, je pense que cette fois-ci, ils n'ont peut-être pas vécu la même expérience », a conclu Taremi.
Les supporters iraniens, eux, subissent également les conséquences des tensions diplomatiques : la Fédération iranienne a accusé les États-Unis d'avoir annulé les quotas de billets réservés à ses supporters. Une plainte a été déposée auprès de la FIFA.