À Los Angeles, à la veille de leur entrée en lice dans la Coupe du monde 2026, les responsables de l'équipe d'Iran ont fait part de leur amertume face aux conditions d'accueil réservées par les États-Unis, pays hôte du tournoi. Lors d'une conférence de presse tenue dimanche 14 juin, le sélectionneur Amir Ghalenoei et l'attaquant Mehdi Taremi ont déploré ce qu'ils considèrent comme un traitement entravant l'esprit sportif.
«Ce genre de comportement va avoir un impact négatif sur l'esprit du football», a déclaré Ghalenoei aux journalistes. «Que nous gagnions ou que nous perdions, c'est un sentiment difficile.» Le technicien iranien faisait référence aux multiples contraintes administratives et logistiques rencontrées par sa délégation, notamment le refus de la part de Washington d'autoriser l'équipe à établir son camp de base sur le sol américain pendant la compétition.
Des visas refusés et une base au Mexique
Depuis plusieurs semaines, les relations entre Téhéran et Washington compliquent la participation de la sélection iranienne au Mondial. Quatre membres de la délégation ont obtenu leur visa américain en appel le 13 juin, mais onze autres en sont toujours exclus. Dans ce contexte, l'équipe a dû installer son quartier général à Tijuana, au Mexique, et ne se rend aux États-Unis que pour disputer ses rencontres.
L'attaquant Mehdi Taremi, ancien joueur de l'Inter Milan, a estimé que ces tensions politiques altéraient la magie habituelle du tournoi. «Nous n'avons pas la même belle expérience dont nous parlons toujours – la paix, la joie», a-t-il affirmé. «Cette tension mine cette joie. Elle sape le message de la FIFA.»
Taremi a également évoqué le cas du référé somalien Omar Artan, auquel l'entrée sur le territoire américain a été refusée, soulignant que l'Iran n'était pas la seule nation confrontée à ces difficultés.
Des menaces de Donald Trump
Les inquiétudes des joueurs et du staff iraniens ne datent pas de leur arrivée. En mars, le président américain Donald Trump avait déclaré que l'équipe d'Iran n'était pas la bienvenue aux États-Unis, invoquant des risques pour sa sécurité. «L'équipe nationale de football d'Iran est la bienvenue à la Coupe du monde, mais je ne crois vraiment pas qu'il soit approprié qu'elle soit là, pour leur propre vie et leur sécurité», avait-il lancé.
Ces propos, ajoutés aux frappes militaires américaines et israéliennes contre l'Iran plus tôt dans l'année, ainsi qu'aux représailles iraniennes contre des cibles israéliennes et américaines au Moyen-Orient, avaient un temps fait planer le doute sur la participation de la sélection.
Un groupe relevé et une forme étincelante
Sur le plan sportif, l'Iran a pourtant réalisé un parcours quasi parfait lors des qualifications asiatiques, dominant son groupe avec une seule défaite et deux nuls en dix matchs. Les hommes d'Amir Ghalenoei ont enchaîné plusieurs victoires lors des rencontres amicales précédant le tournoi, affichant une forme impressionnante.
Malgré ce contexte, les joueurs iraniens doivent désormais se concentrer sur leur premier match de groupe contre la Nouvelle-Zélande, disputé sur la côte ouest des États-Unis. Ils affronteront ensuite la Belgique et l'Égypte. Les entraîneurs et les joueurs espèrent que le football finira par l'emporter sur les tensions diplomatiques.