La sélection nationale de football d'Iran a finalement reçu les autorisations nécessaires pour participer à la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, a confirmé un responsable de la Maison-Blanche. Les 26 joueurs de l'effectif ont obtenu leurs visas américains, dix jours avant leur entrée en lice prévue le 15 juin à Los Angeles face à la Nouvelle-Zélande. Cette décision met fin à des semaines d'incertitude, alors que l'Iran est en conflit armé avec l'un des trois pays hôtes du tournoi, une situation inédite dans l'histoire de la compétition.

Toutefois, les autorités iraniennes déplorent que de nombreuses demandes de visas déposées par le personnel d'encadrement aient été rejetées. Selon des sources proches du dossier, plus d'une douzaine de membres de l'équipe technique, médicale et administrative — entraîneurs, analystes, préparateurs — n'ont pas obtenu les précieux sésames. L'ambassade américaine à Ankara a également refusé le visa de Mehdi Taj, le président de la Fédération iranienne de football, ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Ce dernier avait déjà été privé d'accès au tirage au sort du Mondial en décembre dernier à Washington.

Un processus sous haute tension diplomatique

Les joueurs ont déposé leurs passeports à l'ambassade des États-Unis à Ankara, en Turquie, après que la Fédération internationale de football association (FIFA) a servi d'intermédiaire. Mehdi Taj a expliqué que la fédération avait fait part de ses préoccupations à la FIFA : si les Américains n'accordaient pas de visas à l'ensemble de la délégation, Téhéran pourrait prendre d'autres décisions. Il s'est néanmoins dit confiant dans l'obtention de tous les documents nécessaires.

L'équipe doit quitter son camp d'entraînement en Turquie pour l'Espagne, avant de rejoindre sa base arrière à Tijuana, au Mexique, ville frontalière des États-Unis. Ce choix a été opéré afin de réduire la durée de séjour de l'équipe sur le sol américain. Les trois matchs de poule de l'Iran se dérouleront pourtant intégralement aux États-Unis : deux à Los Angeles (contre la Nouvelle-Zélande et la Belgique) et un à Seattle (face à l'Égypte). Les joueurs ne se rendront aux États-Unis que quelques jours avant chaque rencontre, pour les obligations médiatiques et les entraînements officiels.

Un précédent historique

C'est la première fois depuis la création de la Coupe du monde, en 1930, qu'un pays en guerre avec l'un des hôtes du tournoi est autorisé à y participer. La situation a donné lieu à des passes d'armes diplomatiques. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait déclaré que l'équipe serait la bienvenue, mais que les personnes liées aux Gardiens de la Révolution ne seraient pas autorisées à « s'infiltrer » dans la délégation. En Iran, plusieurs responsables avaient menacé de reconsidérer la présence de l'équipe dans la compétition.

L'ambassadeur d'Iran au Mexique, Abolfazl Pasandideh, a estimé que la volonté de son pays de participer au Mondial, même sur le territoire d'un ennemi, prouvait sa recherche de paix. Les négociations entre Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit, déclenché fin février par une vague de frappes américaines et israéliennes, progressent lentement.

Un message de la Maison-Blanche

L'ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité du travail de ses équipes pour traiter les visas des joueurs iraniens, dans un message public. La Maison-Blanche a confirmé que les visas avaient été délivrés dans la nuit. La fédération iranienne n'a pas encore réagi officiellement à cette annonce.