Les tensions entre l'Iran et les États-Unis ont gagné le terrain de jeu du Mondial 2026. La Fédération iranienne de football a annoncé jeudi 19 juin qu'elle allait déposer une plainte officielle auprès de la FIFA, après s'être heurtée à des restrictions de voyage qui perturbent la préparation de son équipe nationale.
Des déplacements jugés entravés
Selon un porte-parole de la fédération, la sélection iranienne s'est vu refuser la possibilité de rallier Los Angeles deux jours avant son prochain match, programmé dimanche contre la Belgique. Le camp de base de l'équipe est installé à Tijuana, au Mexique, et les joueurs devaient initialement franchir la frontière américaine pour s'acclimater au fuseau horaire et aux conditions locales.
« Malgré avoir soumis son programme de préparation bien en avance, l'équipe nationale a de nouveau rencontré des restrictions imposées par les organisateurs, affectant la mise en œuvre des plans de son staff technique », a déploré le porte-parole. Il a précisé que la demande de transfert vers Los Angeles deux jours avant la rencontre avait été rejetée, alors que le coup d'envoi est prévu à midi, heure locale.
Un calendrier d'entrée et de sortie très contraint
Les autorités américaines ne sont pas restées silencieuses face à ces accusations. Andrew Giuliani, directeur exécutif de la force opérationnelle de la Maison-Blanche chargée de la Coupe du monde, a indiqué que les règles avaient été communiquées à Téhéran à l'avance. « L'équipe sera autorisée à entrer la veille du match et devra quitter le territoire le soir même de la rencontre », a-t-il expliqué à CBS News. Cette procédure s'appliquera également au dernier match de poule de l'Iran contre l'Égypte, prévu le 26 juin à Seattle.
Un nouvel épisode dans une chronique tendue
Ces restrictions s'ajoutent à une série d'incidents diplomatiques qui avaient déjà marqué la participation iranienne au Mondial 2026. Plusieurs membres de la délégation s'étaient vu refuser des visas américains, et des quotas de billets pour les supporteurs avaient été annulés, provoquant la colère de la Fédération iranienne. L'équipe avait dû établir sa base au Mexique, faute d'obtenir des conditions d'accès normales aux États-Unis.
Sur le terrain, les joueurs iraniens ont jusqu'à présent obtenu un match nul face à la Nouvelle-Zélande (2-2). Ils se préparent désormais à affronter la Belgique dans des conditions qu'ils jugent inéquitables. La plainte déposée auprès de la FIFA pourrait ouvrir une procédure formelle, les règlements de l'instance internationale interdisant toute ingérence politique ou toute restriction discriminatoire à l'encontre des équipes participantes.
Deux visions inconciliables
Tandis que Téhéran dénonce un « traitement difficile » et des conditions « stressantes », Washington maintient que les mesures appliquées sont conformes aux règles fixées avant le tournoi. La Maison-Blanche souligne que l'Iran avait été informé des modalités d'entrée et de sortie, et que les restrictions sont justifiées par des impératifs de sécurité.
Pour l'instant, les joueurs iraniens restent cantonnés à Tijuana, attendant de savoir s'ils pourront rejoindre Los Angeles la veille du match, comme le leur permet la procédure américaine. La plainte auprès de la FIFA pourrait toutefois changer la donne, si l'instance estime que les restrictions constituent une violation de ses principes fondamentaux.