À quelques jours de l'entrée en lice de l'Iran dans le Mondial 2026, le climat entre Téhéran et Washington continue d'assombrir l'atmosphère sportive. Dimanche, lors d'une conférence de presse à Inglewood, en Californie, le sélectionneur national Amir Ghalenoei et l'attaquant vedette Mehdi Taremi ont exprimé leur mécontentement face à ce qu'ils considèrent comme un accueil hostile de la part des autorités américaines.

« Le traitement que nous avons reçu jusqu'à présent a été difficile », a déclaré Ghalenoei devant les médias. « Cela sape la joie et l'esprit de compétition que devrait apporter une Coupe du monde. » Le technicien iranien a insisté sur le fait que ses joueurs et son staff, malgré les tensions diplomatiques, sont uniquement concentrés sur leur performance sportive, mais que les entraves rencontrées compliquent leur préparation.

Mehdi Taremi, dont le nom circule pour un éventuel transfert vers un grand club européen, a abondé dans le même sens. « Nous sommes des athlètes, pas des politiciens. Mais quand on nous crée des obstacles à chaque étape, cela devient pesant », a-t-il confié. L'attaquant a évoqué des difficultés administratives et logistiques rencontrées depuis l'arrivée de la délégation, sans entrer dans des détails précis.

Ces déclarations interviennent dans un contexte déjà tendu. La semaine dernière, la Fédération iranienne de football avait accusé Washington d'avoir annulé les quotas de billets initialement réservés aux supporteurs iraniens, les contraignant à chercher des places sur le marché secondaire. Par ailleurs, plusieurs membres de la délégation — entraîneurs adjoints, préparateurs physiques et personnel médical — se sont vu refuser l'accès au territoire américain, malgré l'obtention de visas pour les joueurs et les cadres techniques.

Sur le plan diplomatique, les relations entre les deux pays sont au plus bas depuis le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018. L'arrivée de l'équipe d'Iran sur le sol américain avait été précédée de semaines de tractations, la Fédération internationale de football (FIFA) étant intervenue pour faciliter la délivrance des visas. L'équipe a même dû transiter par le Mexique, posant ses valises à Tijuana pendant plusieurs jours avant d'obtenir les autorisations nécessaires pour pénétrer aux États-Unis.

Interrogé sur l'impact de ces tensions sur le moral du groupe, Ghalenoei a répondu : « Nous sommes des professionnels. Nous savons que nous devons jouer au football, et c'est ce que nous ferons. Mais il est injuste que des considérations politiques viennent gâcher ce qui devrait être une fête du sport. »

L'Iran, qui évoluera dans le groupe D aux côtés des États-Unis, de l'Angleterre et du pays hôte, le Mexique, disputera son premier match le 21 juin. La rencontre face à la sélection américaine, prévue le 29 juin à Los Angeles, promet d'être électrique. Les déclarations de dimanche pourraient ajouter une couche de tension supplémentaire à ce duel déjà chargé de symboles politiques.

Mehdi Taremi, meilleur buteur iranien de l'histoire en Coupe du monde avec cinq réalisations, a tenu à rassurer les supporteurs : « Nous donnerons tout sur le terrain, quoi qu'il arrive en dehors. Le peuple iranien mérite d'être fier de son équipe. » Le joueur, qui évolue en club au Portugal, n'a pas souhaité commenter les rumeurs de transfert qui l'entourent, renvoyant à son agent.

En coulisses, la FIFA suit de près la situation. Plusieurs sources indiquent que l'instance dirigeante du football mondial a adressé des demandes d'éclaircissement aux autorités américaines concernant le traitement réservé à la délégation iranienne, sans que cela n'ait été officiellement confirmé. La fédération iranienne, de son côté, a menacé de saisir le Tribunal arbitral du sport si les restrictions sur les billets et les visas n'étaient pas levées.

Pour l'heure, les joueurs iraniens poursuivent leur préparation dans un centre d'entraînement californien, sous haute surveillance sécuritaire. Les entraînements sont fermés au public, et le staff technique a limité les contacts avec la presse pour préserver la concentration du groupe. L'atmosphère, à l'image des relations bilatérales, reste lourde.