La participation de l'Iran à la Coupe du monde 2026 aux États-Unis se déroule dans des conditions que le personnel soignant de l'équipe qualifie de « stressantes ». Paulo Alexandre Araujo, physiothérapeute intégré à la délégation iranienne, a livré un témoignage circonstancié des difficultés rencontrées à l'occasion du premier match de la sélection, disputé lundi contre la Nouvelle-Zélande au SoFi Stadium, à Inglewood (Californie).

Des délais stricts imposés par Washington

D'après ce membre de l'encadrement médical, le gouvernement américain a imposé à la délégation iranienne des horaires très stricts, l'obligeant à quitter le stade et le territoire des États-Unis immédiatement après la rencontre. Conséquence directe de cette contrainte : les soins aux joueurs, qui auraient normalement été prodigués aux vestiaires, ont dû être effectués à bord de l'avion qui ramenait l'équipe vers sa base arrière, installée à Tijuana, au Mexique. « Il y avait tellement de choses injustes », a résumé Paulo Alexandre Araujo, qui a pourtant une longue expérience des plus hauts niveaux du football mondial.

Ces restrictions ne s'appliquent à aucune autre sélection participant au tournoi. La réglementation américaine n'autorise l'entrée des membres de la délégation iranienne sur le sol des États-Unis que la veille d'un match, et ne leur laisse qu'un temps limité pour gagner l'aéroport après la rencontre.

Des contrôles à la frontière très longs

Les difficultés ont commencé dès l'arrivée de l'équipe en Californie, dimanche. Plusieurs membres de la délégation, dont le physiothérapeute, ont été soumis à des interrogatoires détaillés de la part des agents des douanes américaines. Ces vérifications ont duré plusieurs heures, avant qu'un nouveau contrôle ne soit effectué à la sortie de l'aéroport pour monter dans le bus de l'équipe.

Ce retard a contraint les joueurs à modifier leur programme. Au lieu de se reposer à l'hôtel, ils se sont rendus directement au stade pour honorer leurs obligations médiatiques et participer à une séance de reconnaissance du terrain, prévue de longue date.

Un climat diplomatique très tendu

Cette rencontre entre l'Iran et la Nouvelle-Zélande revêtait une portée bien plus large qu'un simple match de poule. Le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran a placé la participation iranienne au Mondial sous une surveillance intense durant plusieurs mois. Par ailleurs, Los Angeles abrite une importante diaspora iranienne, considérée comme un foyer d'opposition au gouvernement de Téhéran.

Le capitaine de la sélection iranienne, Mahdi Taremi, et l'entraîneur, Amir Ghalenoei, avaient déjà exprimé leur mécontentement avant et après la partie contre la Nouvelle-Zélande, dénonçant un traitement qu'ils jugent difficile. Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte plus large de tensions diplomatiques, qui se sont notamment traduites par des refus de visas pour plusieurs membres du staff iranien, puis par des annulations de quotas de billets pour les supporteurs.

La délégation iranienne séjourne entre les rencontres à Tijuana, au Mexique, d'où elle rallie les États-Unis uniquement le temps des compétitions, sous les contraintes décrites par le personnel soignant.