Le syndicat Alliance Police nationale a exprimé son ras-le-bol face à la saturation des services après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Alors que les funérailles de l'enfant se sont déroulées dans l'intimité, les critiques se multiplient sur les délais de réaction et les moyens accordés aux forces de l'ordre.

« Nous sommes débordés », a lancé un représentant syndical, joint par téléphone, pointant du doigt une charge de travail qui ne cesse de croître tandis que les effectifs stagnent. Selon lui, les enquêteurs doivent gérer des dossiers toujours plus nombreux sans bénéficier des renforts humains nécessaires. Cette situation aboutirait à des retards dans le traitement des signalements et des investigations.

L'émotion suscitée par le meurtre présumé de Lyhanna a relancé le débat sur l'efficacité du système judiciaire et policier. Le garde des Sceaux a lui-même reconnu un « dysfonctionnement » et a convoqué les procureurs généraux pour une réunion de crise, tandis que le ministre de l'Intérieur a promis des sanctions disciplinaires contre les magistrats en cas de faute établie. Ces annonces n'apaisent pas la colère des agents : « On ne peut pas nous demander l'impossible sans nous donner les moyens », a insisté le syndicaliste.

Pendant les six jours de recherches qui ont précédé la macabre découverte, le porte-à-porte et l'appel à des bénévoles – cavaliers et plongeurs – avaient été déployés, mais aucune piste sérieuse n'avait été exploitée à temps. Le corps de l'enfant a finalement été retrouvé dans un silo agricole à proximité de son domicile, à Fleurance. Les analyses médico-légales, confiées au service de médecine légale de Nîmes, doivent notamment déterminer si une agression sexuelle a eu lieu.

L'ancien sous-directeur de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale, David Galtier, a estimé qu'« il y a des possibilités d'agir plus vite ». Il a souligné que des marges de progression existent dans la coordination des services et l'utilisation des bases de données, mais sans remettre en cause l'investissement des enquêteurs. « Le problème n'est pas la volonté des hommes, c'est l'organisation et les moyens », a-t-il nuancé.

De son côté, l'avocat de la famille de Lyhanna a évoqué un « énorme sentiment de culpabilité » chez les parents, qui ont également appelé au respect de leur vie privée alors que la médiatisation de l'affaire s'intensifie. Le suspect, Jérôme Barella, a été mis en examen pour séquestration de mineur et une nouvelle plainte pour viol a été déposée contre lui.

Le syndicat Alliance Police nationale craint que ce drame ne soit que le révélateur d'un malaise plus profond. « Nous alertons depuis des années sur le sous-effectif. Chaque affaire sensible nous met en difficulté parce que nous n'avons pas les réserves pour y faire face », a conclu le représentant. Une enquête administrative a été ordonnée pour faire la lumière sur les éventuelles défaillances dans le déroulement des investigations.