Un rebondissement judiciaire majeur est intervenu dans l'affaire Lyhanna. Les analyses médico-légales réalisées sur le corps de l'enfant de 11 ans, découvert début juin dans un silo agricole désaffecté de la commune de Puycasquier (Gers), ont conclu à un viol. La victime a subi une agression sexuelle, confirmant les craintes qui entouraient cette disparition.

La communauté de Fleurance, où résidait la collégienne, est sous le choc. Les habitants, déjà éprouvés par des semaines d'incertitude et de recherches infructueuses, doivent désormais intégrer cette révélation atroce. L'autopsie, pratiquée par des experts médico-légaux, n'a pas permis de déterminer avec certitude les causes précises de la mort. Les enquêteurs s'efforcent de faire la lumière sur les circonstances exactes du décès, et de comprendre comment l'enfant a pu être conduite dans ce lieu isolé.

Des analyses toujours en cours

Alors que les résultats de l'autopsie viennent d'être rendus publics, les investigations se poursuivent. Les prélèvements effectués sur le corps font l'objet d'analyses complémentaires, notamment génétiques, afin d'identifier formellement l'auteur présumé des faits. Les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie, assistés par des techniciens en identification criminelle, exploitent également les données issues des scellés et des relevés effectués dans le silo.

Le principal suspect, mis en examen pour séquestration et placé en détention provisoire depuis plusieurs jours, est au cœur des interrogations. Une nouvelle plainte pour viol avait déjà été déposée contre lui dans le cadre de cette affaire, avant même que l'autopsie ne le confirme. Son avocat n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

Une enquête sous haute tension

Cette affaire a suscité une vive émotion dans le département du Gers et au-delà. La disparition de Lyhanna, le 30 mai dernier, avait déclenché d'importants moyens de recherche : des centaines de gendarmes, des équipes cynophiles, des plongeurs et des cavaliers bénévoles avaient été mobilisés pendant six jours. Le corps avait finalement été retrouvé dans un silo désaffecté, à quelques kilomètres de son domicile.

Le tollé médiatique et l'émotion citoyenne ont conduit le garde des Sceaux à dénoncer un « dysfonctionnement » de la justice, évoquant des failles dans le suivi du suspect, déjà connu des services de police pour des faits de même nature. Une enquête administrative a été ordonnée pour faire la lumière sur d'éventuels manquements. Le ministre de la Justice a également convoqué les procureurs généraux pour une réunion de crise, tandis que le Premier ministre a présidé une réunion interministérielle à Matignon.

Les parents de Lyhanna, qui avaient lancé un appel au respect de leur intimité durant les recherches, sont aujourd'hui plongés dans un deuil insoutenable, aggravé par la révélation du viol. Leur avocat a indiqué qu'ils étaient « anéantis » par cette nouvelle.

Une population meurtrie

Dans les rues de Fleurance, petite cité de 6 000 habitants, l'émotion est palpable. De nombreux habitants se sont rassemblés spontanément devant le collège où était scolarisée la jeune fille, déposant des fleurs et des messages de soutien. Un registre de condoléances a été ouvert à la mairie. Les élus locaux, qui avaient multiplié les appels à la cohésion, appellent désormais à faire bloc autour de la famille et à laisser la justice travailler sereinement.

L'autopsie ayant établi la réalité du viol, les charges criminelles pesant sur le suspect pourraient être alourdies. Le parquet d'Agen, qui a ouvert une information judiciaire, devrait communiquer prochainement sur les suites de l'enquête. La date des obsèques de Lyhanna n'a pas encore été communiquée.