L’enquête sur la disparition de Lyhanna, une fillette de 11 ans qui n’a plus donné signe de vie depuis le 29 mai dans le Gers, a connu un tournant décisif. Le procureur de la République d’Auch a indiqué, jeudi 4 juin, qu’un corps d’enfant avait été extrait d’un silo à grains situé sur une exploitation agricole, à proximité immédiate du domicile de l’enfant. Selon les premières constatations, la dépouille était revêtue de vêtements dont la description correspond à ceux que portait Lyhanna au moment de sa disparition.

Le magistrat a précisé que l’enfant retrouvé est « porteur de vêtements similaires » à ceux de la fillette, sans pour autant affirmer qu’il s’agit d’une identité formelle. Des examens médico-légaux, dont une autopsie, ont été ordonnés afin de confirmer l’identité de la victime et déterminer les causes exactes du décès. Les résultats de ces analyses sont attendus dans les prochains jours.

Un lieu proche de la dernière apparition de l’enfant

Le silo dans lequel le corps a été découvert se trouve à quelques centaines de mètres du domicile familial, où Lyhanna a été vue pour la dernière fois. Les investigations menées depuis le début de la semaine avaient déjà conduit les gendarmes à concentrer leurs recherches autour des exploitations agricoles du secteur. C’est au cours de ces opérations qu’un silo a été inspecté, menant à la macabre découverte.

L’exploitation agricole concernée n’avait jusqu’alors pas fait l’objet de perquisitions particulières, selon les informations disponibles. Les enquêteurs ont immédiatement sécurisé le site afin de préserver d’éventuelles traces et indices. Un périmètre de protection a été mis en place autour du silo, et des prélèvements ont été effectués par les techniciens en investigation criminelle.

Un suspect déjà mis en examen

Un homme, identifié comme Jérôme B., a été interpellé dès les premiers jours de l’enquête. Placé en garde à vue, il a depuis été mis en examen pour séquestration de mineur et écroué. Son avocat n’a pas souhaité commenter la découverte de ce corps. Les enquêteurs poursuivent leurs auditions et leurs analyses pour établir le lien éventuel entre cet individu et les faits.

Parallèlement, une procédure pour viol a été ouverte après le dépôt d’une plainte distincte visant le même suspect. Cette nouvelle plainte, émanant d’une autre personne, fait l’objet d’une instruction séparée. Jérôme B. n’a pas encore été mis en examen dans ce second volet.

Des recherches qui ont mobilisé d’importants moyens

Depuis la disparition de Lyhanna, les forces de l’ordre ont déployé un dispositif conséquent dans le Gers. Des cavaliers bénévoles, des plongeurs et des équipes cynophiles ont participé aux battues, tandis que des hélicoptères survolaient la zone. Le porte-à-porte a été systématiquement mené dans les communes environnantes, et les enquêteurs ont recueilli de nombreux témoignages.

Une enquête administrative a également été ordonnée par le parquet pour s’assurer que les procédures de recherche ont été correctement suivies, notamment dans les premières heures qui ont suivi la disparition. Ce type d’évaluation est déclenché lorsque les investigations n’aboutissent pas rapidement, afin d’identifier d’éventuelles difficultés opérationnelles.

L’attente des proches et de la justice

Les parents de Lyhanna, qui s’étaient exprimés publiquement pour demander le respect de leur vie privée, n’ont pas réagi officiellement à l’annonce du procureur. Leur avocat a indiqué que la famille était sous le choc et qu’elle attendait, comme les enquêteurs, la confirmation formelle de l’identité du corps.

La procédure d’identification repose sur plusieurs éléments : analyses ADN, comparaisons dentaires et examen des vêtements. Tant que ces expertises ne sont pas conclues, les autorités restent prudentes. Le procureur a rappelé qu’« aucun élément ne permet pour l’instant d’affirmer avec certitude qu’il s’agit de Lyhanna », soulignant la nécessité d’attendre les résultats scientifiques.

Prochaines étapes judiciaires

L’autopsie, qui doit être réalisée dans les prochaines quarante-huit heures, devrait apporter des premiers éléments sur les circonstances du décès. Parallèlement, les enquêteurs poursuivent l’exploitation des prélèvements effectués sur le lieu de la découverte et la confrontation des témoignages recueillis.

La mise en examen du suspect pour séquestration pourrait être élargie en fonction des résultats des analyses. Le juge d’instruction en charge du dossier devra décider des mesures à prendre une fois l’identification du corps confirmée. L’affaire, qui a suscité une vive émotion dans la région et au-delà, suit désormais son cours judiciaire.