Nouvelles frappes sur la côte iranienne
Les tensions dans le détroit d'Ormuz ont connu une nouvelle escalade ce jeudi 9 juillet, alors que les forces américaines et iraniennes ont échangé une deuxième série de frappes dans la région du golfe Persique. Le président Donald Trump a justifié ces opérations, qui ont visé environ 90 sites le long des côtes iraniennes, comme une « représailles » contre les attaques menées par Téhéran contre des navires commerciaux transitant par le détroit d'Ormuz, voie d'eau stratégique pour les exportations énergétiques de la région.
En réaction, Mohammad Bagher Ghalibaf, principal négociateur iranien lors des pourparlers de paix, a déclaré que le détroit « ne s'ouvrira que sous des arrangements iraniens, pas sous des menaces américaines ». Cette déclaration intervient alors que l'accord de cessez-le-feu signé il y a trois semaines entre les États-Unis et l'Iran paraît de plus en plus fragile : M. Trump a estimé mercredi que cet accord était « terminé », tout en suggérant que l'Iran restait ouvert à un nouvel arrangement. De son côté, Téhéran n'a fait aucune annonce concernant de nouvelles négociations.
Les cours du pétrole accélèrent leur hausse
Les marchés pétroliers réagissent vivement à cette recrudescence des hostilités. Le brut Brent, référence internationale, a progressé de plus de 1 % jeudi pour s'établir aux alentours de 79 dollars le baril. Avant le déclenchement des combats cette semaine, ce baril cotait environ 70 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), brut de référence américain, a dépassé les 74 dollars le baril, contre 67 dollars avant le début du conflit.
Le prix de l'essence à la pompe aux États-Unis suit une tendance plus modérée mais reste en forte hausse par rapport à la période d'avant-guerre. Selon l'Automobile Association of America (AAA), le prix moyen national s'établissait à 3,80 dollars le gallon mercredi, soit une augmentation de plus de 27 % depuis la fin février, veille du début des hostilités.
Des stratèges d'ING estiment que « l'évolution des prix de ces derniers jours montre clairement que les marchés étaient beaucoup trop détendus face aux risques entourant l'accord, et beaucoup trop optimistes quant à la rapidité du rebond de l'offre régionale ». Les investisseurs oscillent entre inquiétude et prudence, les marchés d'actions et d'obligations connaissant des variations erratiques.
Avertissement maritime et perspective de reprise compromise
L'Organisation maritime internationale (OMI), agence des Nations unies, a récemment exhorté les armateurs et les opérateurs à ne plus envoyer leurs navires à travers le détroit d'Ormuz. Cette recommandation menace de compromettre la reprise du trafic maritime amorcée après la signature de l'accord de cessez-le-feu en juin dernier. Alors que le nombre de traversées commençait à remonter, les nouvelles frappes et l'incertitude diplomatique risquent de paralyser à nouveau cette artère vitale pour le transport du pétrole.
Les analystes surveillent de près l'évolution de la situation : une fermeture prolongée ou une restriction stricte du passage entraînerait des perturbations majeures dans les chaînes d'approvisionnement énergétique mondiales. Pour l'heure, aucun signe de détente ne se dessine, et les investisseurs redoutent que cette escalade ne ravive les pressions inflationnistes, alors que les banques centrales tentent de juguler la hausse des prix.