Une accalmie semble se profiler dans le détroit d'Ormuz. Un responsable américain a indiqué que Washington et Téhéran étaient convenus de « stand down » – soit de cesser les opérations militaires – au terme de plusieurs jours de frappes réciproques. Selon cette source, les navires pourront désormais emprunter cette voie maritime « librement », et les pourparlers visant à mettre fin au conflit devraient reprendre.
Cette information, rapportée par des médias, intervient après une escalade marquée par une attaque iranienne contre un cargo jeudi dernier, à laquelle les États-Unis ont riposté en bombardant plusieurs positions en Iran. Téhéran avait alors lancé des frappes contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, sans faire de victimes ni de dégâts, selon le commandement central américain (Centcom).
Un cessez-le-feu de courte durée
Les deux parties avaient signé le 17 juin un mémorandum d'entente de 14 points prévoyant une « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts ». Dans ce cadre, l'Iran s'était engagé à « mettre tout en œuvre pour assurer le passage sécurisé des navires marchands, sans frais pendant 60 jours ». Mais cet accord, salué comme une avancée diplomatique, a volé en éclats moins de deux semaines plus tard, après qu'un projectile iranien a touché un cargo dans le détroit.
Les États-Unis ont alors répliqué par des frappes massives, qualifiées par Centcom de réponse à « l'agression continue » contre le transport maritime. L'Iran a répliqué samedi en ciblant des installations américaines au Koweït et à Bahreïn, mais sans effet, selon Washington.
Un contexte régional toujours tendu
Parallèlement à cette confrontation directe, les États-Unis ont facilité vendredi la signature d'un accord-cadre entre Israël et le Liban, visant à ouvrir la voie à une paix durable. Mais cet accord est aussitôt fragilisé : le chef du Hezbollah, mouvement libanais soutenu par l'Iran, l'a rejeté, accusant le gouvernement de Beyrouth de porter atteinte à la souveraineté du pays. Dimanche, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé un tunnel de 200 mètres utilisé par le Hezbollah dans le sud du Liban, contenant « des centaines d'armes ». L'opération a été menée après en avoir informé les États-Unis, selon un communiqué conjoint du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense Israel Katz.
Téhéran conditionne tout accord de cessez-le-feu plus large à l'arrêt des hostilités au Liban. Le silence de l'Iran sur l'accord de « stand down » dans le détroit d'Ormuz laisse planer le doute sur sa pérennité, alors que la région reste en proie à de multiples tensions.