Les États-Unis ont de nouveau bombardé des sites iraniens ce week-end, portant à dix le nombre de cibles visées lors de cette dernière opération. Le Commandement central américain (Centcom) a indiqué que les frappes, ordonnées par le président Donald Trump, ont touché des infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des installations de défense aérienne, des dépôts de drones et des capacités de pose de mines, dans plusieurs zones à l'intérieur et à proximité du détroit d'Ormuz.
Ces tirs font suite à une attaque survenue samedi à l'aube contre un navire marchand. Selon le Centcom, un drone à usage unique iranien a frappé le pétrolier Kiku, qui transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut en traversant le détroit d'Ormuz. Les données de suivi maritime indiquent que ce bâtiment, battant pavillon panaméen, avait quitté un champ pétrolifère qatari en milieu de semaine et se dirigeait vers un port des Émirats arabes unis situé sur le golfe d'Oman, de l'autre côté du détroit.
Une route alternative source de tensions
Le Kiku semble avoir emprunté un itinéraire longeant les côtes omanaises, conçu comme une alternative au passage sous contrôle iranien que Téhéran entend réguler. Une autorité maritime multinationale placée sous la supervision de la marine américaine a annoncé samedi qu'elle étendrait cette voie omanaise pour permettre la circulation dans les deux sens, une décision susceptible de créer un nouveau point d'affrontement avec la République islamique, qui considère le détroit comme relevant de sa souveraineté.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a indiqué avoir ordonné de frapper « des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des sites radar côtiers, pour avoir violé l'accord de cessez-le-feu, ENCORE ! » Le locataire de la Maison-Blanche a prévenu que si les hostilités se poursuivaient, un point pourrait être atteint où les États-Unis ne pourraient plus faire preuve de retenue et « seraient contraints d'achever militairement le travail ». Dans ce cas, a-t-il ajouté, « la République islamique d'Iran n'existera plus ! »
Un précédent similaire
Cet échange de tirs survient quelques jours à peine après un incident comparable : jeudi, un drone iranien avait déjà frappé un navire marchand au large d'Oman, provoquant une première salve de représailles américaines le lendemain. La récurrence de ces attaques illustre la fragilité de l'accord intérimaire conclu entre Téhéran et Washington pour tenter de parvenir à une entente définitive mettant fin au conflit.
Les nouveaux bombardements menacent de faire dérailler ce processus de paix déjà précaire. Le Centcom a précisé que les frappes avaient visé dix cibles militaires réparties sur plusieurs sites. Aucun bilan humain n'a été communiqué dans l'immédiat par les autorités iraniennes, qui n'avaient pas officiellement réagi à ces informations dans les heures suivant l'annonce américaine.
Un contexte régional inflammable
Depuis plusieurs semaines, la région du Golfe connaît une escalade militaire récurrente entre les deux puissances. Après l'annonce par l'Iran de la fermeture du détroit d'Ormuz en riposte à ce qu'il présente comme des violations de la trêve au Liban, les incidents se sont multipliés, mêlant drones abattus, frappes aériennes et attaques contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie. La trêve, plusieurs fois ébranlée, est désormais soumise à une pression maximale, chaque camp accusant l'autre de saboter les efforts diplomatiques.
La nouvelle route maritime sécurisée par la coalition navale dirigée par les États-Unis pourrait constituer un défi direct à l'autorité que Téhéran revendique sur le détroit d'Ormuz, par où transite une part importante du trafic pétrolier mondial.