Le parquet de Nanterre a requis la mise en examen pour viols et le placement en détention provisoire de Patrick Bruel, à l'issue de ses 48 heures de garde à vue, ce mercredi 10 juin. L'artiste, âgé de 67 ans, est accusé de viols et d'agressions sexuelles par treize femmes, dont certaines se sont constituées parties civiles.
Le chanteur a été présenté à trois juges d'instruction en fin de matinée. Ceux-ci doivent désormais décider s'ils suivent les réquisitions du parquet ou s'ils optent pour un contrôle judiciaire. La décision devrait être rendue dans la journée.
Les accusations portent sur des faits qui se seraient déroulés sur plusieurs années, dans des contextes professionnels et privés. Treize plaintes ont été recensées par les enquêteurs. Deux nouvelles plaintes ont été déposées lundi 8 juin, portant le total à treize victimes identifiées. Les enquêteurs de la brigade de protection des mineurs et de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne sont saisis de l'affaire.
La défense de Patrick Bruel a nié les faits lors de la garde à vue. Son avocate, Me Mathias Chichportich, a déclaré que son client « conteste fermement l'ensemble des accusations portées contre lui » et qu'il « coopère pleinement avec la justice ». Elle a également dénoncé une « campagne de calomnie » et une « instrumentalisation médiatique ».
L'audience devant les juges d'instruction se déroule à huis clos, conformément à la procédure. Les avocats des parties civiles ont demandé le placement en détention provisoire, estimant que le chanteur pourrait tenter de faire pression sur les victimes ou de détruire des preuves. L'avocate de deux plaignantes, Me Margot Pugliese, a déclaré que « la décision du juge sera scrutée par toutes les victimes qui attendent que la justice soit rendue ».
Le contexte est celui d'une affaire qui a éclaté au grand jour en mai 2026, lorsque plusieurs femmes ont témoigné dans la presse sous couvert d'anonymat. Depuis, l'artiste a suspendu sa tournée estivale et s'est retiré de la troupe des Enfoirés. Il est également visé par une enquête préliminaire pour des faits de corruption de mineur et de viols, ouverte par le parquet de Paris.
La décision des juges est attendue d'ici la fin de journée. Si elle est positive, Patrick Bruel sera incarcéré dans l'attente de son procès. Si elle est négative, il sera placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître dans certains lieux et obligation de pointer régulièrement au commissariat.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le collectif féministe Nous Toutes a salué une « première étape » et appelé à « libérer la parole des victimes ». La journaliste Flavie Flament, elle-même victime de violences sexuelles, a déclaré que « la justice doit faire son travail, sans pression ni préjugés ». L'actrice Andréa Bescond a également salué la mise en examen et appelé à « protéger les victimes et les laisser parler ».