L'affaire Patrick Bruel connaît un rebondissement procédural mais aussi une prise de parole forte de la partie civile. Alors que le chanteur et comédien, entendu sous le régime de la garde à vue, a contesté l'ensemble des faits qui lui sont reprochés, l'avocate Carine Durrieu Diebolt, qui représente l'une des plaignantes, a livré une analyse sans ambiguïté sur la position de l'artiste.
« En matière de violences sexuelles, le déni c'est la règle chez les agresseurs sexuels », a-t-elle déclaré. Cette professionnelle du droit, spécialisée dans la défense des victimes, estime que la réaction de Patrick Bruel s'inscrit dans un schéma malheureusement classique. Elle n'a pas commenté le fond des accusations, mais a souligné la régularité de ce type de réponse de la part de personnes mises en cause dans des dossiers de violences sexuelles.
Ces propos interviennent alors que le parquet a requis la mise en examen du chanteur pour viols et agressions sexuelles, ainsi que son placement en détention provisoire. Patrick Bruel a été présenté à un juge d'instruction après une garde à vue qui a duré plusieurs jours. Selon des sources concordantes, l'artiste a opposé une dénégation catégorique aux accusations portées par plusieurs femmes, qui décrivent des faits s'étalant sur plusieurs années.
Treize plaintes et une enquête approfondie
L'enquête, ouverte par le parquet de Paris, a été confiée à la Brigade de protection des mineurs (BPM) et à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). À ce jour, treize plaintes ont été recensées, émanant de femmes qui affirment avoir été victimes de viols ou d'agressions sexuelles de la part de l'interprète de Casser la voix. Plusieurs de ces signalements concernent des faits qui seraient prescrits, mais d'autres, plus récents, entrent dans les délais légaux de poursuite.
Les enquêteurs ont procédé à de nombreuses auditions et perquisitions. La garde à vue de Patrick Bruel, initialement prolongée de vingt-quatre heures, a finalement débouché sur une présentation à un magistrat instructeur. C'est désormais ce juge qui devra décider s'il suit ou non les réquisitions du parquet. Il peut opter pour une mise en examen, éventuellement assortie d'un contrôle judiciaire ou d'une détention provisoire, ou bien classer les poursuites s'il estime les charges insuffisantes.
Une défense qui mise sur la contestation
Du côté de la défense, les avocats de Patrick Bruel n'ont pas encore officiellement réagi aux déclarations de Me Durrieu Diebolt. Ils plaident pour l'instant la présomption d'innocence et entendent démontrer que les accusations ne reposent sur aucun élément matériel probant. Le chanteur, qui a suspendu sa tournée estivale et s'est retiré de la troupe des Enfoirés, se dit victime d'une cabale médiatique.
L'avocate Carine Durrieu Diebolt, de son côté, insiste sur la nécessité de ne pas banaliser le déni. « C'est une posture qui vise à discréditer les victimes et à les dissuader de parler », a-t-elle ajouté. Elle appelle la justice à faire toute la lumière sur ces affaires, dans le respect des droits de chacun.
La décision du juge d'instruction est attendue dans les prochains jours. Elle pourrait sceller le sort judiciaire de l'artiste, qui risque jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle en cas de condamnation pour viol.