Patrick Bruel a été mis en examen pour « viol », « tentative de viol », « agressions sexuelles » et « harcèlement sexuel » par un juge d’instruction, ont indiqué des sources proches du dossier. L’artiste, qui était présenté à la justice après une garde à vue de plusieurs jours, a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés lors de son interrogatoire.

Cette mise en examen fait suite aux réquisitions du parquet, qui avait demandé son placement en détention provisoire. Le juge en a décidé autrement en le laissant libre sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction d’entrer en contact avec les plaignantes et de se rendre dans les lieux où elles pourraient se trouver.

Une réaction cinglante de la partie civile

Maître Sarah Katz, avocate de plusieurs femmes ayant déposé plainte, a réagi vivement à la position du chanteur. « Nier les faits est une règle presque systématique chez les personnes mises en cause dans ce type d’affaires », a-t-elle déclaré. « C’est un mécanisme de défense classique, mais il ne doit pas faire oublier la parole des victimes qui, elles, sont constantes et précises. »

L’avocate a également exprimé sa déception quant à la non-incarcération de son client. « Mes clientes sont soulagées que la procédure avance, mais elles redoutent que la liberté laissée à M. Bruel ne permette des pressions ou une dissimulation de preuves », a-t-elle ajouté, précisant que la défense pourrait faire appel de cette décision.

Treize plaintes au total

L’enquête, ouverte depuis plusieurs semaines, recense désormais treize plaintes contre le chanteur. Les faits dénoncés couvrent une période allant de 1995 à 2023. Les victimes présumées sont pour la plupart des femmes jeunes, parfois mineures au moment des faits, et évoluant dans les milieux professionnels ou artistiques fréquentés par l’artiste. Plusieurs d’entre elles décrivent des agressions lors de tournées ou de soirées privées.

La procédure a été marquée par une vive émotion dans les médias et la société civile. Plusieurs figures publiques, dont l’actrice Andréa Bescond et l’ancienne animatrice Flavie Flament, ont salué la mise en examen comme une « première étape » vers la reconnaissance des faits.

Un contrôle judiciaire strict

Placé sous contrôle judiciaire, Patrick Bruel est soumis à une obligation de pointer régulièrement au commissariat, à une interdiction de paraître dans certains lieux, et à une interdiction de contact avec les plaignantes. Il devra également verser un cautionnement de 100 000 euros. La défense du chanteur, qui conteste fermement les accusations, a annoncé son intention de demander la nullité de certaines pièces de la procédure.

L’instruction se poursuit désormais sous la direction du juge d’instruction. Les investigations pourraient être étendues à d’éventuelles nouvelles plaintes, tandis que les associations d’aide aux victimes appellent toute personne ayant subi des faits similaires à se manifester.

Le chanteur, qui avait déjà suspendu sa tournée estivale et quitté la troupe des Enfoirés après les premières révélations, n’a plus donné de concert depuis le début de la procédure. Son avenir artistique reste suspendu à l’issue de l’instruction.