Le parquet de Nanterre a requis la mise en examen de Patrick Bruel ainsi que son placement en détention provisoire, à l'issue de sa garde à vue. L'artiste, âgé de 63 ans, a été présenté mercredi à un juge d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour des faits de viols et d'agressions sexuelles.
Selon les éléments de l'enquête, neuf femmes accusent désormais le chanteur. Parmi elles, cinq plaintes portent sur des faits qualifiés de crimes. Par ailleurs, deux nouvelles plaintes pour viol ont été déposées à son encontre, portant à treize le nombre de victimes recensées par les enquêteurs.
Garde à vue et présentation à un juge
Patrick Bruel avait été placé en garde à vue lundi. Cette mesure a été prolongée de vingt-quatre heures, avant qu'il soit présenté à la justice mercredi matin. Lors de son audition, il a été entendu sur l'ensemble des accusations portées contre lui.
Le parquet a requis son incarcération, estimant que les charges sont suffisamment graves pour justifier un placement en détention provisoire. La décision finale revient désormais au juge des libertés et de la détention.
Deux nouvelles plaintes
Deux femmes supplémentaires ont porté plainte pour viol contre Patrick Bruel, portant à treize le nombre total de plaignantes. Ces nouveaux témoignages interviennent alors que l'artiste était déjà visé par onze autres plaintes.
L'enquête, ouverte par le parquet de Nanterre, a été confiée à la brigade de protection des mineurs, un service spécialisé de la police judiciaire. Les faits dénoncés couvrent une période allant des années 1990 à 2010.
Réactions et conséquences
Cette affaire a provoqué une onde de choc dans le monde du spectacle. Patrick Bruel a annoncé la suspension de sa tournée estivale et s'est retiré de la troupe des Enfoirés, une décision prise après les premières révélations.
Plusieurs personnalités ont réagi à ces événements. La comédienne Andréa Bescond a salué la mise en examen et appelé à libérer la parole des victimes. De son côté, l'ancienne animatrice Flavie Flament, elle-même victime de violences sexuelles, a estimé qu'il s'agissait d'une « première étape » importante dans la reconnaissance des faits.
Le collectif féministe Nous Toutes a également salué l'avancée de la procédure, tout en rappelant la nécessité de protéger les victimes et de garantir la présomption d'innocence.
Une procédure en cours
L'artiste, qui bénéficie de la présomption d'innocence, conteste les faits qui lui sont reprochés. Ses avocats ont indiqué qu'ils plaideraient pour une remise en liberté, arguant que les accusations sont infondées.
L'information judiciaire devrait se poursuivre dans les mois à venir, permettant aux juges d'instruction d'entendre de nouveaux témoins et d'approfondir les investigations. Le placement en détention provisoire, s'il était ordonné, serait une mesure exceptionnelle dans ce type d'affaire.
Cette affaire s'inscrit dans le mouvement plus large de libération de la parole des victimes de violences sexuelles, qui touche depuis plusieurs années le monde du cinéma, de la musique et du spectacle en France.