Garde à vue du chanteur
Patrick Bruel, 67 ans, a été placé en garde à vue lundi matin par la police judiciaire parisienne dans le cadre de l'enquête sur des faits de violences sexuelles qui le visent. L'artiste est entendu depuis le début de la matinée dans les locaux de la police judiciaire.
Selon les éléments communiqués par le parquet, treize victimes sont recensées à ce stade de la procédure. Au total, une trentaine de femmes auraient mis en cause le chanteur, mais seules treize d'entre elles ont déposé plainte ou ont été identifiées par les enquêteurs. Parmi ces nouvelles plaintes, deux concernent des faits de viol et ont été déposées ces derniers jours, portant à plusieurs le nombre de plaintes pour viol dans ce dossier.
Réactions publiques
La journaliste Flavie Flament, elle-même engagée dans la lutte contre les violences sexuelles, a salué cette avancée judiciaire. Dans une déclaration publique, elle a qualifié la mise en garde à vue de « première étape » d'une justice qui « se met enfin en ordre de marche ». Selon elle, cette procédure marque un tournant dans la reconnaissance des souffrances des victimes.
Le collectif féministe Nous Toutes a également réagi, saluant une « étape importante » et appelant à « libérer la parole » des femmes qui pourraient avoir été victimes de faits similaires. La comédienne Andréa Bescond, connue pour son engagement contre les violences sexuelles, a elle aussi exprimé son soutien aux plaignantes.
Contexte de l'enquête
L'enquête, ouverte il y a plusieurs semaines après les premières révélations médiatiques, a pris une ampleur considérable. Patrick Bruel avait déjà suspendu sa tournée estivale et quitté la troupe des Enfoirés à la suite des premières accusations. Plusieurs journalistes avaient également décrit un « climat de crainte » dans les rédactions, évoquant des consignes éditoriales visant à minimiser les faits.
L'avocat de Patrick Bruel, Me Olivier Baratelli, a indiqué que son client « conteste fermement l'ensemble des accusations » et qu'il « collaborera pleinement avec la justice ». Il a également dénoncé une « instrumentalisation médiatique » et un « procès public ».
Les auditions doivent se poursuivre durant la journée. La garde à vue peut durer jusqu'à 48 heures, à l'issue desquelles le parquet décidera des suites à donner : mise en examen, convocation ultérieure ou classement sans suite. L'enquête est menée par la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Procédure en cours
Cette garde à vue intervient après des semaines de retentissement médiatique intense. Les premières plaintes avaient été déposées en mai, entraînant une couverture médiatique massive et des réactions contrastées dans le monde de la culture. Plusieurs artistes ont pris position, certains pour soutenir les victimes, d'autres pour appeler à la présomption d'innocence.
L'affaire a également mis en lumière les difficultés des victimes à se faire entendre dans le milieu artistique. Plusieurs témoignages anonymes ont évoqué des faits remontant aux années 1990 et 2000. L'enquête devra déterminer si les faits sont prescrits ou non.
Alors que la procédure suit son cours, les associations féministes appellent à ne pas faiblir dans la libération de la parole. Flavie Flament a ainsi insisté sur le fait que « chaque plainte compte » et que « la justice doit suivre son chemin ».