Le parquet de Nanterre a requis la mise en examen pour viols et l'incarcération de Patrick Bruel, a-t-on appris mardi 10 juin. L'artiste de 67 ans, placé en garde à vue depuis lundi matin dans les locaux de la police judiciaire, doit être présenté à un juge d'instruction mercredi matin. Cette requête intervient alors que le chanteur est visé par plus d'une dizaine de plaintes pour viols et agressions sexuelles.

Audition prolongée de vingt-quatre heures La garde à vue de Patrick Bruel, entamée lundi 9 juin, a été prolongée de vingt-quatre heures, ce qui a conduit à sa présentation devant un magistrat mercredi. Durant cette période, les enquêteurs ont entendu l'artiste sur les nombreuses accusations portées contre lui. Selon des sources proches du dossier, le parquet a estimé que les éléments réunis justifiaient une demande de détention provisoire.

Une affaire qui prend de l'ampleur Le chanteur fait face à des accusations de plus en plus nombreuses. À ce jour, treize victimes présumées ont été identifiées, et deux nouvelles plaintes pour viol ont été déposées ces derniers jours. L'enquête, menée par la police judiciaire, s'est élargie, et les auditions se multiplient. Plusieurs personnalités, dont la comédienne Andréa Bescond et l'ancienne animatrice Flavie Flament, ont salué cette avancée judiciaire, y voyant « une première étape » dans la libération de la parole des victimes.

L'artiste « ne s'est pas préparé à aller en prison » Selon des proches de Patrick Bruel, le chanteur a consulté ses amis jusqu'à la veille de son placement en garde à vue, dimanche 8 juin. Cependant, il n'aurait jamais évoqué la possibilité d'être incarcéré. Cette attitude contraste avec la sévérité des réquisitions du parquet, qui demande son incarcération. L'artiste, qui a déjà suspendu sa tournée estivale et s'est retiré de la troupe des Enfoirés, pourrait voir sa situation judiciaire se durcir dans les prochains jours.

Réactions et contexte Le collectif féministe Nous Toutes a salué la mise en examen de Patrick Bruel, appelant à ne pas minimiser les témoignages des victimes. De son côté, Andréa Bescond a déclaré : « C'est un signal fort envoyé à toutes les victimes de violences sexuelles. » Flavie Flament, elle-même victime de viol, a estimé que cette étape judiciaire était essentielle pour briser le silence. L'affaire, qui a suscité une large couverture médiatique, continue de susciter des débats sur les violences faites aux femmes et la protection des victimes dans le milieu artistique.

Procédure à venir La présentation de Patrick Bruel devant un juge d'instruction mercredi matin devrait permettre de décider de son éventuelle mise en examen et de la suite de la procédure. Si le juge suit les réquisitions du parquet, l'artiste pourrait être placé en détention provisoire dans l'attente de son procès. L'enquête, toujours en cours, pourrait encore révéler de nouveaux témoignages ou plaintes.