La garde à vue de Patrick Bruel a été prolongée de vingt-quatre heures, ont indiqué des sources proches du dossier. L'artiste, placé en garde à vue depuis lundi, est entendu par les enquêteurs dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour des accusations de viols et d'agressions sexuelles.

Selon ces mêmes sources, le chanteur devrait être présenté à un juge d'instruction mercredi. Cette présentation pourrait déboucher sur une mise en examen, voire sur un placement sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire, à l'issue de la décision du magistrat.

Une enquête qui s'élargit

L'affaire, qui a éclaté publiquement fin mai, prend de l'ampleur. Après les premières révélations, plusieurs femmes ont témoigné, portant le nombre de plaignantes à treize. Les faits dénoncés couvriraient une période allant des années 1990 aux années 2010. Les investigations, confiées à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, se concentrent sur des lieux et des contextes variés, notamment des tournages, des plateaux télévisés et des domiciles.

L'artiste, qui a toujours nié les faits via ses avocats, a d'ores et déjà suspendu sa tournée estivale et annoncé son retrait de la troupe des Enfoirés. Son conseil n'a pas souhaité faire de commentaire sur la prolongation de la garde à vue.

Des réactions dans le milieu associatif et artistique

Des personnalités et des associations de lutte contre les violences sexuelles ont salué, ces derniers jours, l'évolution de la procédure. La comédienne Andréa Bescond a estimé que cette étape judiciaire constituait un signal fort pour les victimes. Flavie Flament, qui s'est exprimée sur le sujet, a également évoqué une « première étape ». Le collectif Nous Toutes a déclaré suivre le dossier avec attention et appelé à ce que la justice fasse son travail en toute indépendance.

Un possible tournant procédural

La prolongation de la garde à vue pour vingt-quatre heures supplémentaires, décidée mardi, permet aux enquêteurs de poursuivre les auditions et les confrontations. Cette mesure intervient alors que l'instruction se heurte à la complexité des faits, certains étant prescrits, d'autres non. La présentation à un juge mercredi marquera une étape clé dans ce dossier sensible, où se mêlent notoriété de la personnalité mise en cause et gravité des accusations.