Le Premier ministre albanais Edi Rama a réaffirmé sa détermination à mener à bien un projet de complexe touristique de luxe lié à Jared Kushner, gendre de l'ancien président américain Donald Trump, malgré une mobilisation qui dure depuis neuf jours sur le site de la lagune de Vjosa-Narta. Il a présenté ce développement comme une opportunité d'investissement considérable et a démenti les affirmations selon lesquelles le gouvernement cèderait des terrains appartenant au domaine public.
Cette déclaration intervient alors que la contestation s'amplifie autour du projet, estimé à un milliard de dollars. Les opposants dénoncent ce qu'ils perçoivent comme un accaparement de terres et un danger pour un écosystème fragile, classé zone protégée. La lagune de Vjosa-Narta, située sur la côte sud-ouest de l'Albanie, est un site d'une grande importance écologique, abritant de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs et une biodiversité remarquable.
Des semaines de mobilisation
Depuis plusieurs semaines, des milliers de personnes se sont rassemblées sur place et dans d'autres villes du pays pour exprimer leur opposition. Les manifestants estiment que le projet risque de porter atteinte de manière irréversible à l'environnement et de privatiser un espace naturel qui appartient à tous les Albanais. Les organisations de défense de l'environnement locales et internationales ont également exprimé leur vive inquiétude, appelant les autorités à renoncer à ce programme.
Des préoccupations européennes
La controverse a également gagné Bruxelles. Des responsables européens se sont inquiétés de la conformité du projet avec les normes environnementales de l'Union, l'Albanie étant candidate à l'adhésion. Les critiques pointent un manque de transparence dans les procédures d'attribution et une évaluation insuffisante de l'impact écologique.
Le gouvernement reste inflexible
Face à ces critiques, le Premier ministre a maintenu sa position, soulignant les retombées économiques attendues pour la région en termes d'emplois et de développement touristique. Il a balayé les accusations de favoritisme ou de vente de terres publiques, insistant sur le caractère légal et transparent du processus. Il n'a pas annoncé de concessions face aux demandes des opposants.
La situation reste donc tendue, avec une opposition déterminée et un exécutif qui semble décidé à ne pas faire marche arrière. Les prochains jours pourraient être décisifs pour l'avenir de ce projet controversé, qui cristallise les tensions entre ambitions de développement économique et protection de l'environnement en Albanie.